Relations Cuba-états-unis

Washington évacue la moitié de son ambassade à Cuba

Après une série d’attaques acoustiques contre des diplomates américains dont l’origine reste mystérieuse, les Etats-Unis veulent protéger leur personnel. Ils émettent par ailleurs un avis déconseillant les citoyens américains de voyager à Cuba. Des attaques acoustiques auraient aussi eu lieu dans des hôtels

A Washington, le Département d’Etat a tranché: il évacue la moitié de son personnel de l’ambassade américaine à La Havane. Motif: 21 diplomates ou employés de l’ambassade, sise le long de la promenade du Malecon, ont subi des attaques acoustiques d’une source qui n’est pour l’heure pas identifiée. Les premières attaques ont été signalées à la fin de l’année dernière. Les personnes touchées par ces attaques se sont plaintes de pertes auditives, de problèmes d’équilibre et de sommeil, de fatigue et de nausées. La dernière attaque, selon Washington, a été perpétrée en août dernier.

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Si l’enquête menée par les autorités cubaines d’un côté et les Américains de l’autre se poursuit, elle n’a pas permis d’identifier la source ni les auteurs de ces attaques. L’intervention d’un Etat tiers n’est pas exclue.

Washington ne s’arrête pas à l’évacuation de la moitié de son personnel diplomatique. Il déconseille aux Américains de voyager à Cuba, craignant qu’ils puissent eux aussi être victimes d’attaques acoustiques. Apparemment, de telles attaques ont eu lieu non seulement à l’ambassade mais également dans des hôtels de La Havane. Mais l’avis déconseillant les touristes américains de se rendre sur l’île paraît en partie disproportionné par rapport aux risques encourus.

Par ces mesures, Washington suspend tout service de visas pendant une période indéterminée. En conséquence, de nombreux Cubains se verront dans l’impossibilité de se rendre aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont riposté à ces attaques en expulsant deux diplomates cubains en mai dernier. Les mesures sont musclées et interviennent alors que l’administration de Donald Trump revient sur l’ouverture entreprise par l’administration précédente de Barack Obama. Les mauvaises langues avancent que cette évacuation partielle de l’ambassade américaine de La Havane est un premier pas vers sa fermeture. Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson y a fait allusion voici quelque temps. Après un processus de normalisation des relations américano-cubaines entrepris par les présidents Barack Obama et Raúl Castro, l’ambassade américaine a rouvert en août 2015 pour la première fois depuis sa fermeture en janvier 1961.

De son côté, le président cubain Raúl Castro a exceptionnellement autorisé le FBI à venir enquêter dans la capitale cubaine.


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