Géopolitique

Washington frappe l’armateur suisse Allseas pour couler le projet Nord Stream 2

Les navires poseurs de gazoducs d’Allseas ont abandonné la construction d’un gazoduc de Gazprom qui irrite les Etats-Unis. Moscou promet d’achever un projet à 9,5 milliards d’euros qui rencontre de multiples obstacles techniques et politiques

La Suisse a joué deux coups pendables à la Russie pour les fêtes de fin d’année. Le moins pardonnable est d’avoir exécuté le mauvais hymne avant un match opposant deux clubs russes à Davos le 23 décembre, dans le cadre de la Ligue continentale de hockey. L’agence Interfax rapporte que les organisateurs ont mesquinement diffusé ce qui était l’hymne russe jusqu’à l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000 (ce dernier réinstaura l’hymne soviétique). Mais les Russes ont l’habitude de ce genre de mésaventure.

Gazprom a sans doute moins d’indulgence pour la surprise que lui a réservée la société fribourgeoise Allseas le 21 décembre. L’armateur a tout simplement abandonné son client au milieu du gué – plus exactement, au fond de la mer Baltique –, désertant le chantier du gazoduc Nord Stream 2, dont le coût s’élève à 10,3 milliards de francs. Ses deux vaisseaux géants poseurs de gazoducs, Pioneering Spirit et Solitaire, ont quitté la zone des travaux pour jeter l’ancre dans les eaux allemandes voisines. Une décision prise sous la pression de Washington, fervent opposant à la construction du gazoduc russe.