Espionnage

Washington inculpe des agents chinois pour l'un des plus gros piratages de l'histoire, Pékin dément

En 2017, les données de 145 million de clients de l’agence de crédit Equifax avaient été piratées. Quatre officiers de l'armée chinoise sont accusés par les Etats-Unis

Les Etats-Unis ont annoncé lundi l’inculpation de quatre agents chinois pour le piratage de données personnelles de l’agence de crédit Equifax, qui avait touché près d’un Américain sur deux en 2017 et était resté mystérieux jusqu’ici. Il s’agit de «l’un des plus gros piratages de données de l’histoire», avec environ 145 millions de victimes aux Etats-Unis, a rappelé le ministre de la Justice Bill Barr lors d’une conférence de presse.

«Le gouvernement chinois et l'armée, ainsi que les personnes qui leur sont liées, ne se sont jamais livrés et n'ont jamais participé à des vols de secrets commerciaux via internet», a indiqué lors d'un point de presse régulier Geng Shuang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois.

Membres d'une unité de recherche de l'armée chinoise

Après deux ans d’enquête, Wu Zhiyong, Wang Qian, Xu Ke et Liu Lei ont été inculpés la semaine dernière à Atlanta pour association de malfaiteurs en vue de commettre une fraude informatique, de l’espionnage économique et une fraude aux communications. Membres d’une unité de recherche de l’armée chinoise, ils se trouvent en Chine et ne peuvent être arrêtés. «Mais un jour, ils commettront une erreur et nous serons là», a assuré le directeur adjoint de la police fédérale, David Bowdich.

Ils sont accusés d’avoir exploité une faille dans un logiciel utilisé par Equifax sur son site de résolution des litiges. Une fois introduits dans le système informatique de l’agence, ils sont soupçonnés d’avoir obtenu les noms, dates de naissance et numéros de sécurité sociale de 147 millions de personnes, et les numéros de permis d’au moins dix millions d’Américains. «Ce vol n’a pas seulement causé d’importants dommages financiers à Equifax, mais a (...) imposé des coûts et un fardeau substantiels à tous ceux qui ont dû prendre des mesures pour se prémunir contre l’usurpation de leur identité», a souligné le ministre, en adressant une mise en garde à Pékin. «Nous rappelons au gouvernement chinois que nous avons la capacité de lever le voile d’anonymat qui recouvre internet et de retrouver les pirates que le pays déploie régulièrement contre nous», a-t-il dit.

80% des cas d'espionnage économique impliquent la Chine

Les Etats-Unis ont déjà attribué plusieurs attaques informatiques de grande ampleur au gouvernement chinois, notamment le piratage d’une base de données du géant de l’hôtellerie Marriott en 2018.

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En parallèle, «des intrusions informatiques soutenues par l’Etat ont visé des secrets industriels et des informations économiques confidentielles», a ajouté Bill Barr, en mentionnant des enquêtes ouvertes dans les secteurs de l’industrie nucléaire, aéronautique ou métallurgique. Selon lui, environ 80% des poursuites ouvertes ces dernières années pour espionnage économique impliquent le gouvernement chinois et 60% des dossiers de vols de secrets commerciaux ont un lien avec la Chine.

Geng Shuang a rejeté les accusations des Etats-Unis, les accusant d'être eux-mêmes les premiers auteurs de cyberespionnage au monde, soulignant que la Chine en était une «victime». «Ils se livrent à des vols d'informations et à une surveillance à grande échelle, organisés et indifférenciés, envers des gouvernements, des entreprises et des particuliers étrangers», a-t-il affirmé. «Des affaires WikiLeaks à Edward Snowden, l'hypocrisie et le deux poids deux mesures des États-Unis en matière de cybersécurité sont clairs depuis longtemps», a accusé le porte-parole chinois.

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