Faire preuve de fermeté. En qualifiant dans une interview télévisée Vladimir Poutine de «tueur», Joe Biden a provoqué, mercredi, non seulement ire et moqueries du principal intéressé mais aussi le rappel de l’ambassadeur russe en poste à Washington. Il a surtout voulu donner le ton de sa politique étrangère, marquer sa différence d’avec son prédécesseur Donald Trump. Au lendemain de ces premières tensions diplomatiques assumées, c’est une rencontre du côté d’Anchorage, en Alaska, par -12 degrés Celsius, qui a attiré tous les regards: celle du chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, et du conseiller à la Sécurité nationale Jack Sullivan, avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, et le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie, Yang Jiechi.

Droits de l’homme violés

Mercredi, à la veille de la rencontre présentée comme une «première discussion sans attentes irréalistes» vouée avant tout à «ouvrir les lignes de communication», de hauts responsables américains avertissaient: il n’y aura pas de «résultats immédiats». Pas de déclaration commune non plus. Il y a par contre bien eu une guerre des mots. Les positions irréconciliables des deux grandes puissances ont été étalées au grand jour. Antony Blinken a une nouvelle fois accusé la Chine de «menacer la stabilité mondiale». Son homologue chinois a rétorqué en dénonçant les sanctions américaines annoncées la veille contre la reprise en main de Hong Kong par Pékin, alors que Yang Jiechi a rappelé que la Chine était «fermement opposée aux ingérences américaines dans ses affaires intérieures». Et qu'il y aurait des «mesures fermes» en guise de réponse. Ces derniers jours, les Américains, soucieux d'endosser un discours ferme et de réaffirmer le retour des Etats-Unis sur la scène internationale, n'ont pas épargné les Chinois.