Le gouvernement américain a ordonné aux familles des diplomates américains en poste à Kiev de quitter le pays «en raison de la menace persistante d’une opération militaire russe». C’est ce qu’a annoncé dimanche le département d’Etat.

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Le personnel local et le personnel non essentiel peuvent quitter l’ambassade s’ils le souhaitent. Les ressortissants américains résidant en Ukraine «devraient envisager maintenant» de quitter le pays par des vols commerciaux ou d’autres moyens de transport, ajoute le communiqué de ministère américain des Affaires étrangères. «La situation sécuritaire, notamment le long des frontières ukrainiennes, en Crimée occupée par la Russie et dans le Donetsk contrôlé par la Russie, est imprévisible et peut se détériorer à tout moment», ajoute le communiqué.

Voyages en Ukraine déconseillés

«Les ressortissants américains en Ukraine devraient savoir qu’une opération militaire russe où que ce soit en Ukraine affecterait gravement la capacité de l’ambassade américaine à fournir des services consulaires, y compris une assistance aux citoyens américains quittant l’Ukraine», prévient le département d’Etat. Le ministère appelle la communauté américaine d’Ukraine à se renseigner sur «ce que le gouvernement américain peut faire ou non pour vous porter assistance pendant une crise à l’étranger».

Le département d’Etat déconseille aussi tout voyage en Ukraine en raison de la possibilité d’une attaque russe. L’Ukraine était déjà déconseillée aux voyageurs américains en raison du Covid-19.

«Nous pensons qu'une invasion russe (...) peut se produire à tout instant», a déclaré à la presse une haute responsable américaine. «Les Etats-Unis ne seraient pas en position d'évacuer les citoyens américains dans ce cas de figure.»

L'ambassade reste ouverte et la chargée d'affaires Kristina Kvien «reste en Ukraine», a ajouté cette responsable ayant requis l'anonymat.

Les voyages en Russie déconseillés

A Kiev, le ministre ukrainien de la Défense a annoncé dans un tweet l'arrivée de 80 tonnes d'armements «de nos amis aux Etats-Unis». «Et ce n'est pas fini», a ajouté Oleksii Reznikov.

Washington a, en outre, déconseillé aux Américains de se rendre en Russie, justifiant cette mesure notamment par «la possibilité d'un harcèlement des citoyens américains», en particulier par la police russe, et «une application arbitraire des lois locales».

Des pourparlers lundi

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken discutera lundi en visioconférence avec les membres de l'UE à Bruxelles des «pourparlers francs» qu'il a tenus vendredi avec son homologue russe Sergueï Lavrov. Russes et Américains sont convenus d'un nouveau rendez-vous, et Antony Blinken s'est engagé à «coucher des idées sur le papier» en réponse aux demandes de Moscou.

La Russie exige un engagement écrit sur le non-élargissement de l'OTAN à l'Ukraine et à la Géorgie et demande un retrait des forces et des armements de l'Alliance atlantique des pays d'Europe de l'Est ayant rejoint l'OTAN après 1997, notamment de Roumanie et Bulgarie. Des demandes inacceptables pour les Occidentaux.

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La situation sécuritaire est jugée préoccupante. Moscou assure ne pas avoir l'intention d'intervenir en Ukraine, mais soutient les revendications des séparatistes pro-russes des républiques autoproclamées de Lougansk et Donetsk dans le Donbass (est) et a massé plus de 100 000 soldats, des chars et de l'artillerie aux frontières avec l'Ukraine.

«Nous espérons qu'une attaque n'aura pas lieu. Mais si c'est le cas, nous sommes prêts à répondre par des sanctions économiques et financières massives», a affirmé jeudi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Les ministres réaffirmeront cette position lundi, selon le projet de conclusions vu par l'AFP.