Comme l'Iran, la Corée du Nord est soupçonnée depuis plusieurs années de vouloir fabriquer une bombe atomique. Pour le directeur de l'AIEA, Mohamed El-Baradei, la situation en Corée du Nord est «la menace la plus immédiate et la plus sérieuse pour le régime de non- prolifération nucléaire». William Perry, l'ancien secrétaire d'Etat américain à la Défense, estime pour sa part que Pyongyang pourrait posséder d'ici à la fin de l'année «près de huit têtes nucléaires».

Le leader nord-coréen Kim Jong-il avait renvoyé les inspecteurs de l'AIEA en décembre dernier avant de redémarrer le réacteur nucléaire de Yongbyon qui peut produire suffisamment de plutonium pour une bombe atomique par an. Dans son édition de lundi, le New York Times citait par ailleurs des sources officielles américaines et asiatiques selon lesquelles la Corée du Nord aurait construit en secret une seconde usine pouvant fournir du plutonium pour des armes. Certains experts militaires estiment toutefois que Pyongyang, n'ayant jamais procédé à un test d'arme nucléaire, serait encore loin de maîtriser cette technologie sans parler du problème des missiles capables de transporter de telles charges.

Si les indices d'un programme nord-coréens paraissent plus solides que dans le cas de l'Iran ou de l'Irak, Washington n'en semble pas moins disposé à négocier avec Pyongyang, la Chine – fidèle allié du régime stalinien – servant de médiateur. Les Etats-Unis, selon le Washington Post de mardi, seraient désormais prêts à offrir des garanties de non-agression au régime stalinien en échange de l'abandon de son programme nucléaire. La Maison-Blanche a aussitôt démenti.