Syrie

Washington réclame la fin des bombardements sur Alep

Un calme précaire régnait ce dimanche matin à Alep, après le déferlement de bombes de ces derniers jours. John Kerry revient à Genève pour négocier. Mais il exige le rétablissement d'un cessez-le-feu dans toute la Syrie

Les Etats-Unis ont appelé à la fin des bombardements sur la ville ravagée d'Alep et au rétablissement du cessez-le-feu dans toute la Syrie, avant l'arrivée dimanche à Genève du secrétaire d'Etat John Kerry pour des entretiens en urgence sur le conflit.

Après des bombardements nocturnes menés aussi bien par le régime que par les rebelles, un calme précaire régnait dimanche matin à Alep, mais les habitants sont restés terrés chez eux de crainte d'une reprise des violences, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Les raids aériens ont fait fuir

Des dizaines d'habitants des secteurs contrôlés par les rebelles avaient fui samedi les raids aériens intensifs et sanglants du régime dans la deuxième ville du pays qui est devenue le principal champ de bataille d'une guerre civile entrée dans sa sixième année.

Alors que le processus de paix ne tient qu'à un fil, John Kerry est attendu à Genève pour discuter avec l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura et ses homologues saoudien et jordanien du cessez-le-feu et de la transition politique pour tenter de mettre fin à une guerre qui a fait plus de 270'000 morts depuis 2011.

Initiée par Washington et Moscou, qui soutiennent les camps opposés en Syrie, cette trêve entrée en vigueur le 27 février a volé en éclats avec les raids acharnés du régime du président Bachar al-Assad sur Alep depuis le 22 avril.

La Russie refuse de faire pression sur le régime Assad

Le secrétaire d'Etat américain a de nouveau demandé à la Russie «de prendre des mesures pour arrêter les violations du régime, notamment les attaques aveugles sur Alep».

Quelques heures plus tôt, la Russie, allié indéfectible de Bachar el Assad qui combat à ses côtés rebelles et jihadistes, affirmait qu'elle ne lui demanderait pas de cesser ses bombardements sur Alep, en parlant «d'une lutte contre la menace terroriste».

Samedi, une trentaine de raids du régime ont touché les quartiers rebelles faisant dix morts dont deux enfants selon la défense civile dans la partie rebelle d'Alep où résideraient encore quelque 200'000 habitants.

Vider Alep de ses habitants pour lancer l'offensive finale

Le même jour, un grand nombre de familles ont fui le quartier de Boustane al-Qasr, violemment bombardé depuis plusieurs jours. Certaines se réfugient dans des quartiers plus sûrs, d'autres quittent la ville par la route du Castello, seule sortie pour eux. Mais cette voie est très dangereuse en raison des tireurs embusqués.

Depuis le 22 avril, plus de 246 civils ont péri dans les bombardements et les tirs de l'armée et des rebelles.

Le régime Assad s'acharne contre Alep «car il veut pousser à l'exode ses habitants en vue d'une offensive militaire» pour reprendre les quartiers rebelles, estime l'Observatoire des droits de l'homme.

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