Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi, la reprise de leur aide aux Palestiniens, contre l'avis d'Israël. Cette aide à l'agence de l'ONU qui s'occupe des réfugiés palestiniens atteindra 235 millions de dollars (198 millions d'euros).

En détail, les Etats-Unis contribueront de nouveau au financement de cette agence à hauteur de 150 millions de dollars (126,4 millions d'euros). Ils verseront aussi 75 millions de dollars (63 millions d'euros) pour le développement et l'économie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, et 10 millions de dollars (8,4 millions d'euros) pour le processus de paix.

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«L'aide américaine au peuple palestinien sert les intérêts et les valeurs des Etats-Unis. Elle apporte une aide cruciale à ceux qui en ont besoin, favorise le développement économique et soutient le dialogue israélo-palestinien, la coordination de la sécurité et la stabilité», a justifié le secrétaire d'Etat Antony Blinken.

Un premier pas pour l'Autorité palestinienne

L'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis, Gilad Erdan, a dans la foulée exprimé sa «déception» et son «désaccord». Les Etats-Unis auraient dû «d'abord s'assurer que certaines réformes soient accomplies, visant notamment à mettre un terme à l'incitation (à l'antisémitisme) et à retirer les contenus antisémites des programmes scolaires», a-t-il ajouté.

Du côté des Palestiniens, le premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammed Shtayyeh, a estimé que cette reprise de l'aide ne devait être qu'une première étape. «Nous attendons avec impatience non seulement la reprise des aides financières mais aussi le retour des relations politiques avec les Etats-Unis, d'une façon qui permette à notre peuple palestinien d'accomplir ses droits légitimes à créer un Etat indépendant avec Jérusalem pour capitale», a dit Mohammed Shtayyeh. Le premier ministre palestinien a aussi appelé Washington à «faire pression sur Israël pour freiner le désir d'expansion et de colonisation dans les territoires occupés».

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a, lui, considéré que l'annonce américaine adressait «un bon signal», à un «moment propice».

Un manque à gagner pour l'Unrwa

Les nouveaux financements promis par Washington s'ajoutent aux 15 millions de dollars (12,6 millions d'euros) déjà annoncés par les Etats-Unis pour aider les Palestiniens confrontés à la pandémie de Covid-19, alors qu'Israël, leader mondial en termes de vaccination, est accusé de ne pas avoir fait profiter les territoires occupés de ces avancées. Israël affirme en effet que la campagne de vaccination dans les Territoires palestiniens relève de la responsabilité de l'Autorité palestinienne.

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L'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), dont les Etats-Unis étaient autrefois le principal donateur, est confrontée à un manque à gagner depuis que Donald Trump a retiré ses fonds en 2018, arguant que les réfugiés, dont certains vivent dans des camps depuis des générations, devraient être réinstallés.

L'agence a déclaré que ses besoins ont augmenté en raison du Covid-19 et des difficultés rencontrées par les Palestiniens vivant en Syrie, au Liban ou en Jordanie. L'Unrwa dit avoir entamé l'année 2021 avec un passif de 75 millions de dollars (63,2 millions d'euros) résultant de l'exercice de l'année 2020, et il devrait atteindre plus de 200 millions de dollars (168 millions d'euros) pour l'année en cours.

Dans l'attente d'une nouvelle initiative de paix

Sur une autre question clé du dossier israélo-palestinien, le président Joe Biden a réitéré mercredi son soutien à une solution à deux Etats, remise en cause par Donald Trump, qui lors de son mandat a offert de nombreux gages de satisfaction à l'Etat hébreu.

Joe Biden a réaffirmé cette position lors d'un entretien téléphonique avec le roi Abdallah II de Jordanie, au cours duquel il a aussi exprimé un soutien américain appuyé à la Jordanie, selon un communiqué de la Maison-Blanche.

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L'administration Biden a rétabli ses relations avec les Palestiniens et leur a apporté son soutien, sans toutefois dévoiler de nouvelle initiative de paix pour résoudre ce conflit historique. Peu après l'investiture du président démocrate, en janvier, les Etats-Unis ont déclaré qu'ils allaient rouvrir les bureaux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Washington, fermés sous la présidence de Donald Trump. L'OLP est l'entité reconnue internationalement comme représentant les Palestiniens des Territoires et de la diaspora.