Trois sessions spéciales convoquées et, bientôt, trois condamnations sans appel de l'Etat d'Israël. La nouvelle réunion que va tenir cette semaine le Conseil des droits de l'homme de l'ONU ne sera pas de nature à le rendre plus populaire aux Etats-Unis.

Après une première année pendant laquelle les Etats-Unis seront restés à l'écart, certaines voix (pas très nombreuses) se sont élevées pour que Washington fasse acte de candidature. L'argument est simple: si leur souci est vraiment d'améliorer le fonctionnement du Conseil, les Etats-Unis seraient plus utiles en son sein plutôt que dans leur rôle actuel d'observateur critique.

«Nous n'avons pas encore pris la décision de devenir membres ou non. Cela dépendra du sérieux que montrera le Conseil ces prochaines semaines», expliquait il y a quelques jours à Washington Kristen Silvenberg, l'adjointe de Condoleezza Rice en charge de la question au Département d'Etat.

Des sources officielles mettent en avant trois exigences. Tout d'abord, une plus grande variété de sujets abordés. Ensuite «de plus grands efforts de coopération» entre les Etats. Enfin, une volonté du Conseil de se pencher sur les questions liées à la liberté religieuse et d'expression.

Pas de ticket d'entrée

A moins de cela, il paraît peu vraisemblable que Washington change d'attitude à l'égard du Conseil. D'autant plus que, en raison de leur mauvaise image internationale, il n'est pas du tout certain que les Etats-Unis soient à même de réunir le nombre de voix nécessaires pour bénéficier d'un ticket d'entrée.

A Washington, on s'en prend bien sûr au bloc d'Etats musulmans et non alignés qui imposent leur ordre du jour dans les allées du Palais des Nations genevois. Mais on reproche aussi aux Occidentaux de ne pas servir de contrepoids en cherchant d'autres majorités. «Les Européens perdent beaucoup de temps à se coordonner entre eux plutôt qu'avec les autres démocraties», soupire un diplomate en référence à l'Europe des Vingt-Cinq.

Moins nombreux sont ceux qui, comme l'ancien ambassadeur William Luers, mettent le doigt sur une certaine responsabilité américaine: «La tendance, ici, est à considérer que ceux qui paient doivent gouverner, explique-t-il. Or, en menaçant de ne plus financer l'ONU, les Etats-Unis ont provoqué beaucoup d'hostilité, y compris chez des pays qui leur sont alliés, comme l'Egypte ou le Pakistan.»