Les Etats-Unis vont renforcer leur déploiement militaire face à la Chine et la Russie, tout en essayant de maintenir une dissuasion efficace face à l'Iran et aux groupes djihadistes au Moyen-Orient, a indiqué lundi une haute responsable du Pentagone.

Le Pentagone va notamment moderniser ses bases sur l'île de Guam, dans le Pacifique, en Australie, soulignant la priorité donnée à la Chine, dont Washington veut contrer les ambitions territoriales dans la région, a indiqué Mara Karlin, chargée de la stratégie au ministère américain de la Défense, en annonçant à la presse l'achèvement du rapport sur la nouvelle posture militaire des Etats-Unis dans le monde.

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La nouvelle posture «recommande davantage de coopération avec les alliés et partenaires dans la région pour proposer des initiatives qui contribuent à la stabilité régionale et dissuadent la Chine d'une éventuelle agression militaire», a-t-elle précisé.

Une autre responsable du ministère américain de la Défense avait indiqué plus tôt, sous le couvert de l'anonymat, que les Etats-Unis étudiaient également «des initiatives avec nos alliés et partenaires pour renforcer notre dissuasion crédible à l'égard de la Russie».

«On fait un peu avancer les choses»

Ce rapport étant classé secret défense, le Pentagone n'a donné aucun détail sur la façon dont les Etats-Unis pourraient renforcer leur dispositif militaire visant à contrer les ambitions territoriales de Moscou ou Pékin.

Des ajustements du déploiement militaire américain en Europe et dans la région indo-pacifique sont en cours de discussion «mais en cette première année de l'administration, ce n'est pas le moment de développer des changements stratégiques majeurs de notre posture», a expliqué la responsable ayant requis l'anonymat.

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«On fait un peu avancer les choses», a ajouté Mara Karlin. «Et ce que j'espère, c'est qu'au cours des prochaines années vous verrez les choses avancer de plus en plus.»

La posture militaire américaine au Moyen-Orient réduite

Le Pentagone a, par ailleurs, déjà annoncé qu'il renforcerait sa présence en Australie, où quelque 2500 soldats du corps des Marines étaient jusqu'ici déployés chaque année par rotation de quelques centaines pour des exercices. En Europe, le président Joe Biden est revenu sur la décision de limiter à 2500 les effectifs militaires américains déployés en Allemagne, et a réaffirmé l'engagement des Etats-Unis envers l'Otan, que son prédécesseur Donald Trump avait remis en cause.

Avec le retrait d'Afghanistan et le rappel aux Etats-Unis des batteries antimissiles Patriot qui avaient été déployées en Arabie saoudite après des tirs de missiles sur ses champs pétroliers attribués à des groupes pro-iraniens, la posture militaire américaine au Moyen-Orient apparaît réduite.

En Irak, Washington a conclu à l'été un accord avec le gouvernement irakien qui prévoit le départ d'ici la fin de l'année de toutes les «forces de combat» du pays, même si 2500 militaires américains y resteront. «Notre engagement est de continuer à soutenir la coalition anti-Etat islamique», a souligné la responsable ayant requis l'anonymat.