Les Etats-Unis victimes de hackers chinois

Des pirates chinois ont infiltré au mois de mars les bases de données de l’administration américaine, a révélé jeudi une enquête du New York Times . Les hackers ont pris pour cible les fichiers de l’Office of Personal Management (OPM) – le département américain qui gère les fonctionnaires fédéraux – et avaient l’intention d’accéder aux données personnelles de plusieurs dizaines de milliers d’employés au bénéfice d’une autorisation d’accès aux informations du plus haut niveau (top secret clearances). Tout laisse à penser qu’ils y seraient parvenus, partiellement au moins.

La porte-parole du Département d’Etat, Jennifer Psaki, a confirmé l’attaque, sans s’épancher sur son ampleur et le mode opératoire des hackers. L’Office of Personal Management héberge les données personnelles de l’ensemble des employés fédéraux de l’administration américaine au bénéfice d’un accès aux informations de haut rang selon les trois classifications suivantes: confidentiel, secret, top secret. Jennifer Psaki a souligné qu’aucune perte d’informations n’avait été détectée.

Espionnage économique

Les fichiers contiennent les contacts étrangers, les précédents emplois et des informations personnelles concernant l’éventuelle consommation de drogue, par exemple, des postulants aux accréditations. Un responsable américain cité par le New York Times confirme que l’attaque a été localisée en Chine, mais rien n’établit que les pirates travaillaient pour le gouvernement chinois.

La révélation sur cette intrusion survient quelques semaines après que d’autres hackers chinois ont pénétré les serveurs informatiques dans lesquels étaient stockés les plans de dizaines de systèmes d’armement cruciaux de l’armée américaine. Ce piratage fait partie d’une vaste campagne d’es­pionnage chinois contre des industries de la défense et des agences du gouvernement américain. Washing­ton a déjà inculpé cinq officiers chinois, notamment pour espionnage économique. Et, de son côté, Pékin a réagi en se retirant d’un groupe de travail commun sur la sécurité informatique.

Ces multiples cas de piratage interviennent dans un contexte déjà tendu entre la Chine et les Etats-Unis. Et ce entre autres sur les questions de cybersécurité. Pour le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, qui vient de terminer une visite officielle de deux jours à Pékin, cette intrusion informatique est une «douche froide» pour l’économie américaine.