Le 26 janvier, Chen Bao* se rend au travail avec la boule au ventre, comme chaque jour depuis le début de l’épidémie. Infirmière au Wuhan Union Hospital, l’un des principaux établissements de cette ville qui a vu émerger un coronavirus ayant déjà infecté près de 77 000 personnes et fait 2247 morts, elle s’occupe des patients atteints du Covid-19 au service des urgences.

Ce matin-là, tous les soignants doivent subir un balayage par scanner des poumons. «Je n’étais pas inquiète: j’en avais eu un autre deux jours plus tôt et tout était normal», raconte la jeune femme. Mais le verdict est formel: ses poumons sont striés de blanc, signe qu’elle a contracté une pneumonie. «Mon cerveau s’est vidé, j’ai eu la sensation que le ciel me tombait sur la tête», se remémore-t-elle.