Galvanisés par la foule, les jeunes rassemblés à un croisement de la rue Urumqi, en plein centre de Shanghai, ont osé des slogans de plus en plus politiques samedi soir: «Nous ne voulons pas de tests PCR, nous voulons la liberté», ont-ils d’abord demandé. Puis, oubliant presque les centaines de policiers déployés à proximité, certains ont lancé «Xi Jinping, démission», un cri aussitôt repris par la foule. Bientôt, ils appelaient même à la chute du Parti communiste. De l’aveu de nombreux participants, il se passait quelque chose d’inimaginable. Un tabou avait été brisé, comme on brise la statue d’un dictateur. Pour beaucoup de Chinois, la pression de la stratégie «zéro covid» est devenue trop lourde, au point qu’ils osent crier tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Signe que cette colère est partagée, les mouvements se multiplient aux quatre coins du pays.