L'homme fort de Pékin est arrivé mercredi dans la localité de Nyingchi, dans le sud-est de la région autonome, annonce ce vendredi 23 juillet l'agence Chine nouvelle, avec 48 heures de retard. Une visite qui coïncide avec le 70e anniversaire de l'invasion du Tibet par les troupes communistes, un événement célébré à Pékin comme une «libération pacifique.»

Des contrôles inhabituels

Signe de la sensibilité politique de la région, un seule président chinois en exercice s'est rendu au Tibet depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949: Jiang Zemin, en juillet 1990. Avant d'accéder au pouvoir, Xi Jinping s'était lui aussi rendu au Tibet. C'était en juillet 2011, à l'occasion du 60e anniversaire de la «libération pacifique» du Tibet. Il était alors vice-président de la Chine.

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Selon des images diffusées par la télévision nationale, Xi Jinping a salué, à sa descente d'avion, une foule habillée en costumes traditionnels et en train d'agiter des drapeaux chinois. Le président a reçu «un accueil chaleureux de la part des cadres et des masses populaires de tous les groupes ethniques», a commenté la chaîne publique CCTV.

Il a hier pris un train  à destination de Lhassa, la capitale tibétaine. Selon le mouvement pro-tibétain Campagne internationale pour le Tibet, des habitants de Lhassa «ont fait état d'une activité et de contrôles inhabituels de leurs mouvements» avant la visite, évoquant des routes barrées et une surveillance policière renforcée.

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Depuis des émeutes anti-chinoises en 2008, Pékin a investi massivement au Tibet dans l'espoir de lutter contre l'influence du dalaï-lama, le chef spirituel tibétain qui vit en exil en Inde depuis 1959. La contestation n'a pas disparu pour autant, émergeant sporadiquement sous la forme d'immolations par le feu de moines bouddhistes fidèles au dalaï-lama.