Des Ouïgours, minorité ethnique musulmane turcophone, ont indiqué avoir été encouragés à prier chez eux, tandis que la présence des forces de l’ordre restait extrêmement visible.

Cette interdiction touchait aussi d’autres communautés musulmanes, notamment les Hui. «Le gouvernement a dit qu’il n’y aurait pas de prières», a déclaré un Ouïgour, interrogé devant la mosquée Hantagri, l’une des plus vieilles d’Urumqi, où se trouvaient une centaine de policiers armés de fusils d’assaut et de matraques.

«On ne peut rien faire […] le gouvernement a peur que la population utilise la religion pour soutenir les trois forces» dit-il en référence à l’extrémisme, le séparatisme et le terrorisme qui, selon Pékin, menacent l’unité du pays.

«Rentrez chez vous pour prier», intimaient des affichettes apposées sur les portes des cinq mosquées fermées.

Un porte-parole des autorités régionales a pourtant déclaré que «toutes les activités religieuses devraient se dérouler normalement». Depuis lundi, un certain nombre de mosquées avaient déjà été fermées à Urumqi.

En dépit des assurances selon lesquelles la situation était désormais «sous contrôle», la présence des forces de sécurité était massive dans la ville de deux millions d’habitants.

Les dirigeants chinois réunis mercredi autour du président Hu Jintao ont annoncé que les coupables des violences, les plus graves au Xinjiang depuis des décennies, seraient «sévèrement punis».

«Les instigateurs, les organisateurs et les criminels violents doivent être sévèrement punis», ont déclaré Hu et les huit autres membres du Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois. Depuis le début des manifestations le 5 juillet dernier, les autorités ont procédé à plus de 1.400 arrestations, très majoritairement parmi la communauté ouïgour.