Le gouvernement yéménite et les rebelles Houthis ne sont pas parvenus à un accord permettant de prolonger la trêve en vigueur depuis six mois, a annoncé dimanche l'ONU. Le pays est ravagé depuis 2014 par un conflit qui oppose les rebelles Houthis, proches de l'Iran, aux forces gouvernementales, appuyées par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite.

Dans un communiqué, l'envoyé spécial de l'ONU au Yémen Hans Grundberg a dit «regretter qu'un accord n'ait pas été conclu aujourd'hui, alors qu'une prolongation et une extension de la trêve auraient apporté davantage de bienfaits significatifs à la population».

Lire aussi: Au Yémen, la trêve en vigueur est prolongée in extremis pour deux mois

Il a affirmé avoir soumis aux belligérants une proposition visant à prolonger la trêve pour une période de six mois supplémentaires comportant de «nouveaux éléments». Le diplomate suédois a remercié le gouvernement yéménite d'avoir réagi «positivement» à ses propositions.

En revanche, les rebelles Houthis ont jugé qu'elles ne répondaient «pas aux aspirations du peuple yéménite», menaçant de reprendre leurs attaques contre les pays membres de la coalition. «Nos forces armées ne resteront pas les bras croisés si l'agression et le blocus se poursuivent», a mis en garde le Conseil politique suprême des rebelles dans un communiqué, menaçant de viser les «aéroports ports et compagnies pétrolières des pays ennemis».

L'ONU a appelé au calme

La directrice de l'ONG Norwegian Refugee Council, Erin Hutchinson, a déploré «une opportunité manquée qui aurait pu aider des millions de civils à sortir d'une guerre violente», appelant les belligérants à revenir sur leur décision.

Soulignant que les négociations se poursuivaient, Hans Grundberg a appelé toutes les parties au calme et à éviter «toute provocation ou action pouvant mener à une escalade de la violence».

Le non renouvellement de la trêve laisse craindre une reprise des violences au Yémen, les insurgés ayant menacé de relancer des attaques contre les pays membres de la coalition.

Depuis le 2 avril, des cessez-le-feu de deux mois, reconduits à deux reprises, ont relativement apaisé la vie des Yéménites, confrontés à l'une des pires crises humanitaires au monde en raison du conflit.

Des attaques craintes

Les Houthis ont mené, dans le passé, de nombreuses attaques de missiles et de drones en Arabie saoudite, ainsi qu'aux Emirats arabes unis. La dernière en date, en mars dernier, avait touché des installations du géant pétrolier Aramco, en Arabie saoudite, provoquant un gigantesque incendie. «Tout est possible», a écrit le porte-parole rebelle Yehya Sari sur Twitter.

A ce sujet: Une installation d’Aramco attaquée par des Houthis en Arabie saoudite

Dans la journée, des accrochages sporadiques avaient eu lieu dans le sud-ouest du pays, ont affirmé des sources militaires gouvernementales à l'AFP.

Les Houthis ont renforcé leur présence militaire au cours des dernières heures dans la région stratégique de Marib, ont ajouté ces sources.