Le vice-premier ministre de la Défense et de la Sécurité du Yémen, Rached al-Alimi, a confirmé jeudi, lors d’une conférence de presse, la volonté de son pays de «combattre et de traquer le réseau Al-Qaida». Mercredi, Sanaa a annoncé l’arrestation de six membres de l’organisation, dont Mohammad Ahmed al-Hana, l’un de ses chefs présumés, suspecté d’être à l’origine des menaces contre l’ambassade américaine à Sanaa le week-end passé.

Le Yémen entend lutter «selon ses propres moyens», a-t-il cependant insisté, écartant l’éventualité d’une intervention militaire directe des Etats-Unis qui «pourrait renforcer le réseau d’Al-Qaida et non l’affaiblir». Rached al-Alimi n’en a pas moins appelé les Etats-Unis à fournir au Yémen «une assistance en matière de formation et des armes pour les unités de lutte contre le terrorisme».

«La position du Yémen est extrêmement délicate, décrypte David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique. Le président Saleh sait que sa survie passe par l’aide extérieure. Et les Etats-Unis le mettent sous très forte pression. Mais cette aide étrangère ne doit pas être trop visible pour ne pas délégitimer son régime auprès de l’opinion publique yéménite, dont le sentiment antiaméricain est très fort.»