Le gouvernement américain de Donald Trump a annoncé dimanche soir, à dix jours de la fin de son mandat, qu'il allait inscrire les rebelles Houthis du Yémen sur sa liste noire des groupes «terroristes». Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a expliqué qu'il notifierait le Congrès de cette décision afin de renforcer la «dissuasion contre les activités néfastes du régime iranien», soutien du groupe rebelle yéménite face au gouvernement appuyé par une coalition menée par l'Arabie saoudite alliée de Washington.

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Trois chefs des Houthis sont également inscrits sur liste noire, dont leur principal dirigeant Abdel Malek al-Houthi.

Cette sanction vise à tenir les Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa et la majorité du nord du Yémen, «pour responsables de leurs actes terroristes, notamment pour les attaques transfrontalières menaçant les populations civiles, les infrastructures et le transport maritime», a déclaré Mike Pompeo. Elles entreront en vigueur le 19 janvier, soit la veille de l'entrée en fonctions du président élu des Etats-Unis Joe Biden.

Un danger pour l'acheminement de l'aide humanitaire

L'annonce était attendue depuis l'élection présidentielle du 3 novembre aux Etats-Unis. Plusieurs organisations non gouvernementales et institutions internationales redoutaient que le président Trump, battu dans les urnes, ne cherche à frapper un grand coup diplomatique contre l'Iran, son ennemi juré au Moyen-Orient, avant l'arrivée à la Maison Blanche, le 20 janvier, du démocrate Joe Biden, qui souhaite renouer le dialogue avec Téhéran.

Selon ces organisations, cette décision risque de provoquer une paralysie de l'acheminement de l'aide humanitaire au Yémen et un basculement du pays en guerre dans la famine.

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«Les Etats-Unis reconnaissent qu'il existe des inquiétudes quant à l'impact que ces désignations auront sur la situation humanitaire au Yémen», a dit Mike Pompeo. «Nous prévoyons de mettre en place des mesures pour réduire leur impact sur certaines activités et importations humanitaires.» La portée des dérogations qui seront accordées en ce sens sera donc scrutée de près. 

Présentant la stratégie de son gouvernement comme devant favoriser les efforts pour parvenir à une solution «pacifique», le secrétaire d'Etat sortant a assuré être prêt «à travailler avec les responsables des Nations unies et avec les organisations internationales et non gouvernementales» pour minimiser les conséquences sur la population, dont 80% dépend désormais de l'aide internationale.

Une démarche faite par l'Arabie saoudite

Alors que planait la menace, les Houthis avaient estimé en novembre que Donald Trump n'avait pas le droit de prendre une telle décision après avoir perdu l'élection présidentielle.

«Les élections sont finies et quelqu'un d'autre a gagné (...) Les déclarations de cet homme n'ont plus aucune signification», avait déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) Sultan Al-Samee, vice-président du Conseil politique d'Ansarullah, le nom du mouvement des Houthis. «S'il désigne Ansarullah comme terroriste, cela viendra d'une personne non compétente qui est en train de devenir complètement dingue», avait-il martelé.

Grand allié de Washington dans le Golfe, l'Arabie saoudite a, elle, déjà classé les Houthis comme groupe «terroriste» en 2014 avant de prendre la tête en mars 2015 d'une coalition appuyant le gouvernement yéménite contre les rebelles.