Moyen-Orient

Au Yémen, les rebelles houthis déterminés à résister aux loyalistes

Malgré la reprise de l’aéroport de Hodeïda par les forces loyalistes, les rebelles houthis résistent toujours. Les ONG s’inquiètent du sort des civils

Les rebelles houthis continuaient de résister jeudi 20 juin aux forces gouvernementales au Yémen après avoir perdu la veille le contrôle de l’aéroport de la ville clé de Hodeïda. Il y a une semaine, une offensive sanglante a suscité des craintes pour le sort des civils.

Les combats se déroulent désormais sur la grande artère menant au port de Hodeïda sur la mer Rouge, selon une source militaire yéménite. Les rebelles se sont repliés vers des quartiers du sud et de l’ouest de cette ville de 600 000 habitants.

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En prenant l’aéroport situé à la limite sud de la ville essentielle pour l’entrée des aides humanitaires dans le pays en guerre, les forces loyalistes, appuyées par les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite, ont mené une percée en vue de la reprise de Hodeïda aux mains des insurgés depuis 2014.

Déterminés à se battre

Mais ces derniers ont maintenu une attitude de défi. «Nous allons faire face à toutes les incursions sur le terrain. Notre détermination ne sera jamais entamée», a lancé le chef des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, à la chaîne des insurgés Al-Massirah, en appelant à l’envoi de renforts supplémentaires.

Dans l’autre camp, le président Abd Rabbo Mansour Hadi, présent à Aden (sud), siège provisoire du gouvernement, a affirmé que «les opérations sur les différents fronts se poursuivront jusqu’à [la reprise de] Sanaa et l’ensemble du territoire».

La bataille de Hodeïda est la plus importante depuis l’été 2015 quand les forces progouvernementales avaient réussi à reprendre aux rebelles plusieurs régions du sud, dont Aden.

Un pays ravagé

C’est après une offensive d’envergure des houthis, qui s’étaient emparés de vastes territoires, dont la capitale Sanaa, qu’une coalition militaire sous commandement saoudien est intervenue en mars 2015 pour venir en aide au pouvoir d’Abd Rabbo Mansour Hadi.

Pays pauvre de la péninsule Arabique et ravagé par une guerre qui a fait depuis 2015 près de 10 000 morts et provoqué une catastrophe humanitaire, le Yémen dépend des importations pour 90% de sa nourriture, et 70% de celles-ci passent par Hodeïda.

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«La libération de Hodeïda est le début de la fin de la guerre», a commenté le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash. «Le Yémen doit choisir entre l’Etat et la milice, l’ordre et la violence, la paix et la guerre.» Une tentative ces derniers jours de l’émissaire de l’ONU, Martin Griffiths, en vue d’une trêve dans les combats n’a pas abouti.

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