La compagnie Yemenia, dont un Airbus A310 s’est abîmé mardi près des Comores, est «sous étroite surveillanc» et doit accomplir «de très gros efforts» si elle ne veut pas être sur la liste noire des transporteurs aériens interdits, a dit vendredi le secrétaire d’Etat français aux Transports Dominique Bussereau.

Les dirigeants de la compagnie yéménite devaient rencontrer dans la matinée le directeur de cabinet de M. Bussereau ainsi que le patron de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), Patrick Gandil, a-t-on appris auprès du secrétariat d’Etat aux Transports.

A plusieurs reprises depuis l’accident, le secrétaire d’Etat a pointé du doigt des «anomalies inquiétantes» observées, notamment lors d’un contrôle en 2007, sur l’appareil A310-300 qui s’est écrasé en faisant 152 morts et une seule survivante.

Yemenia a par ailleurs indiqué jeudi soir qu’elle suspendait «dès à présent» ses vols au départ et à destination de Marseille (sud-est), «pour une durée indéterminée», sous la pression de manifestations de la communauté comorienne locale. Celle-ci proteste contre la vétusté et le manque de sureté des appareils, ce qui a été démenti à Saana hier, où des documents datant de novembre 2008, en provenance de l’UE et reconnaissant les progrès de la compagnie, ont été montrés à des journalistes.

Dominique Bussereau a également annoncé la mise en ligne sur le site internet de la Direction de l’aviation civile française (DGAC) de la liste noire des compagnies interdites.

Vers la localisation de l’épave

Les sauveteurs évoquent ce vendredi une «possible zone» caractérisée par une concentration de requins et une odeur de kérozène. Une «portière jaune» aurait été repérée par un avion américain participant aux secours.

Le président comorien, Ahmed Abdallah Sambi, a décrété jeudi soir un deuil national de 30 jours.