Il est sorti de son silence. C’est par le biais d’une vidéo de deux minutes trente-sept, divulguée lundi soir par son équipe de transition sur YouTube, que Donald Trump a décidé de dévoiler ses priorités pour ses 100 premiers jours. Pas de déclarations sur les propositions controversées faites pendant sa campagne, comme la construction d’un mur entre les Etats-Unis et le Mexique, la déportation de milliers d’illégaux ou la création d’un registre pour ficher les musulmans. Donald Trump, qui a adopté un ton sobre et semblait lire un prompteur, a mis l’accent sur l’emploi.

Sortir du TPP, tout de suite

Au cœur de son action: «Mettre les Etats-Unis au premier plan» Il entend «réformer la classe politique» et «reconstruire notre classe moyenne» pour «rendre l’Amérique meilleure pour tout le monde». Il a surtout confirmé que dès son premier jour comme président, le 20 janvier, il lancera le processus du retrait des Etats-Unis du Traité commercial transpacifique (TPP), signé en 2015 par douze pays de la région à l’exclusion de la Chine. Un traité qu’il qualifie de «désastre potentiel pour notre pays». «A la place, nous négocierons des traités commerciaux bilatéraux et justes qui ramèneront les emplois et l’industrie sur le sol américain», a-t-il ajouté, avec un petit: «Il était temps!»

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Durant sa campagne, Donald Trump avait dénoncé le traité comme un «coup mortel à l’industrie américaine». Le texte aurait ouvert les Etats-Unis à des «tricheurs agressifs «(la Chine) et à des pays à très bas salaires comme le Vietnam, avait-il déclaré. Et il aurait soumis les Etats-Unis à une commission supranationale chargée de contrôler son application, un abandon de souveraineté inacceptable pour le candidat républicain.

A Buenos Aires où il assiste à un sommet de l’APEC, le premier ministre japonais Shinzo Abe a déjà réagi pour dire que le TPP perdait tout son sens sans la participation des Américains.

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Sur l’immigration, s’il s’est éloigné des déclarations intempestives faites alors qu’il était encore candidat, il a fait savoir qu’il «ordonnera au ministère du Travail d’enquêter sur les abus en matière de programmes de visas». Pas un mot de plus.

Les élus empêchés de se reconvertir dans le lobbying

Le président élu, qui multiplie ces jours les rencontres pour constituer sa future administration et devrait annoncer de nouvelles nominations après la fête de Thanksgiving, ce jeudi, a encore mis l’accent sur le besoin d’un plan détaillé pour protéger les infrastructures vitales de l’Amérique «des cyberattaques, et de toutes les autres formes d’attaques».

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Il a aussi dit vouloir «annuler les restrictions tueuses d’emplois dans la production de l’énergie américaine, y compris le gaz, le pétrole de schiste et le charbon propre, créant ainsi plusieurs millions d’emplois bien payés». Ou encore imposer aux responsables de l’exécutif une interdiction de faire du lobbying pendant cinq ans après leur départ de l’administration. Pour chaque nouvelle loi, deux anciennes seront supprimées – c’est «si important».

La méthode de communication est particulière. Depuis son discours le jour de son élection, Donald Trump n’a donné aucune conférence de presse, fuyant, à part deux interviews, les apparitions dans les médias qu’il ne cesse de continuer de critiquer via Twitter.