Un condamné à la réclusion à perpétuité devenu le symbole de la souffrance administrative et politique d’une île et d’une bonne partie de ses 330 000 habitants: telle est la situation en Corse, après plusieurs jours de manifestations violentes engendrées par l’agression, dans sa prison en Arles (Bouches-du-Rhône), de l’assassin du préfet Claude Erignac, Yvan Colonna. Telle est, surtout, la réalité que le ministre de l’Intérieur français Gérald Darmanin, attendu dans l’île ce mercredi et ce jeudi, devra s’efforcer de comprendre. Car une chose est certaine, au vu des scènes d’affrontement entre jeunes manifestants cagoulés et policiers ce week-end à Bastia: une partie des Corses sont aujourd’hui convaincus qu’ils peuvent obtenir par la colère et par la force ce que la politique, et les négociations permanentes avec Paris, ne parviennent pas à débloquer.