Une maison sur les rives du Doubs, à Besançon, avec vue sur la citadelle. Frédéric Aubry vient de planter une azalée dans son jardin. Il a choisi cet arbuste «parce qu’il y a la lettre z dans ce nom, z comme Zachée». Zachée, 14 ans, un migrant camerounais, a vécu là quatre mois, d’avril à juillet. C’est le collectif Solmiré (Solidarité Migrants Réfugiés) qui l’a placé chez Frédéric, en attendant que sa situation soit régularisée et qu’une famille d’accueil soit trouvée. «Il fallait surtout le sortir de la rue», argue Noëlle Ledeur, une militante de Solmiré. Le 24 juillet dernier, Zachée est mort par noyade sur la base de loisirs du Val de Bonnal en Haute-Saône, à 40 km de Besançon. Il était en colonie de vacances avec une association proposant à des jeunes en réinsertion, des migrants mais aussi des ados de la couronne parisienne, de voir autre chose, de faire du bateau, pratiquer des sports collectifs, avoir accès à des activités culturelles. «Zachée avait choisi l’option théâtre», se souvient Jany Vidal, autre militante de Solmiré, qui l’avait emmené en voiture à Bonnal.