Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a adressé mercredi une sévère mise en garde à ETA, après l'interpellation en France de deux de ses membres présumés, à l'issue d'un sommet avec Romano Prodi largement consacré à la Méditerranée. «L'Etat de droit, démocratique, a donné une réponse exemplaire avec ces arrestations. C'est le destin des membres d'ETA, c'est ce qui les attend», a-t-il dit au cours d'une conférence de presse conjointe avec le chef du gouvernement italien à Naples. «La justice et tout le poids de la loi s'abattront sur eux pour toujours», a-t-il menacé.

Le premier ministre espagnol, qui a une nouvelle fois rejeté toute possibilité de dialogue avec l'organisation séparatiste basque depuis que celle-ci a rompu le cessez-le-feu en juin dernier, a adressé ses «plus vives félicitations» aux polices française et espagnole, après l'interpellation d'un couple en France, soupçonné d'avoir tiré sur deux gardes civils espagnols qui sont décédés.

La gendarmerie française a arrêté hier dans un petit village du sud un couple soupçonné d'avoir tué les deux gardes civils espagnols samedi en France et d'appartenir à l'organisation indépendantiste basque ETA. Après quatre jours de traque, le couple, un homme et une femme, munis d'armes de gros calibre et parlant avec un fort accent espagnol, a été interpellé, sans opposer de résistance, à Châteauneuf-de-Randon, dans le département de la Lozère.

L'homme est «sans doute» Asier Bengoa Lopez de Armentia, cadre présumé d'ETA, a-t-on appris de sources proches de l'enquête. S'agissant de la femme interpellée en sa compagnie, qui serait son amie, l'identité «sera plus difficile à établir» avec précision car elle est en possession de faux papiers d'identité. Le couple, qui a été transféré hier soir vers Paris, avait aussi en leur possession une forte somme d'argent en liquide et de multiples papiers d'identité.

Peu après l'interpellation, le procureur de la République de Paris a annoncé la mort du deuxième garde civil, Fernando Trapero Blazquez, 23 ans, qui était hospitalisé à Bayonne depuis samedi en état de «mort cérébrale». Son collègue, Raul Centeno, 24 ans, avait été tué sur le coup. Tous deux, désarmés et en mission de renseignement en France, avaient été pris pour cible par un commando présumé d'ETA qui leur avait tiré dessus de sang-froid à Capbreton samedi dernier. Le commando avait réussi à prendre la fuite.