Les observateurs de la SADC, la communauté de développement d’Afrique australe, ont enjoint les candidats à accepter l’issue des élections au Zimbabwe dont les premiers résultats donnent la victoire au président Robert Mugabe avec un score écrasant contre son adversaire Morgan Tsvangirai.

«En démocratie, il n’y a pas que le vote ou la campagne, mais l’on doit aussi accepter la dure réalité des faits et en particulier le résultat», a déclaré le chef de la mission Bernard Membe, au cours d’un point presse, très attendu en raison de l’absence d’observateurs occidentaux sur le terrain.

Son homologue de l’Union africaine, l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, a pour sa part salué une élection «libre, honnête et crédible».

Résultat officiel attendu pour lundi

Le résultat officiel du premier tour de la présidentielle n’est en principe pas attendu avant lundi. La police a menacé de sanction toute personne divulguant des résultats ou des projections avant l’annonce officielle par la commission électorale.

Les premiers résultats des législatives donnent toutefois au parti de Mugabe, le plus vieux chef d’Etat africain au pouvoir depuis l’indépendance en 1980, un score presque soviétique. Selon le porte-parole de la Zanu-PF Rugare Gumbo, «le président devrait avoir 70 à 75%». Une majorité des deux tiers permettrait au parti de Robert Mugabe de modifier la Constitution, un texte relativement libéral tout juste approuvé par référendum en mars.

La Zanu-PF a remporté 87 des 120 circonscriptions dont les résultats ont été publiés jusqu’à présent, sur un total de 210 sièges à pourvoir. Toutefois, selon l’ONG Zimbabwe Election Support Network, un million d’électeurs n’ont pas pu voter dans les bastions de Morgan Tsvangirai. Il y a 6,4 millions d’inscrits sur les listes électorales.

Les chances de recours de Morgan Tsvangirai sont minces, l’appareil judiciaire étant inféodé à Mugabe, tandis que les pays africains ont donné priorité à la stabilité régionale et à l’absence de violences.

Le Zimbabwe, qui se remet à peine d’une décennie de récession marquée par une inflation galopante et le départ à l’étranger de plusieurs millions de personnes, avait failli sombrer dans la guerre civile après les élections de 2008.

La victoire de Mugabe inquiète également les investisseurs qui craignent qu’elle ne réduise à néant les efforts de stabilisation de l’économie du gouvernement sortant.

«C’est le retour à une volatilité extrême», a estimé Iraj Abedian, PDG de Pan African Investments à Johannesburg. «Nous pouvons nous attendre à des mesures populistes assez radicales, qui auront des conséquences énormes.»