Rail

Zurich ne sera plus qu’à trois heures de train de Milan

Le premier Giruno a été inauguré jeudi à Bellinzone sous les auspices des autorités ferroviaires et cantonales du Tessin, des Grisons et d’Uri

Le nez allongé rouge et blanc, rutilant, le premier Giruno a fait majestueusement son entrée en gare d’Arth-Goldau. Sur le quai, quelques dizaines de journalistes ont répondu à l’appel des CFF pour réaliser un voyage de presse de là jusqu’à Bellinzone, où le train flambant neuf devait être baptisé. En compagnie du directeur général Andreas Meyer et d’autres hauts cadres des CFF, ils ont sauté dans un wagon de première classe.

Le Giruno (mot qui signifie «buse variable» en romanche) sera progressivement introduit sur l’axe nord-sud dès décembre 2019, circulant de Bâle et Zurich en direction du Tessin – et jusqu’à Milan à partir du printemps 2020. A bord, le directeur Voyageurs CFF, Toni Häne, a affirmé que l’objectif est d’offrir aux voyageurs la liaison Zurich-Milan en trois heures, contre 3h40 aujourd’hui, et de proposer huit à dix paires de trains par jour.

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Un nouveau parc

Le nouveau parc de trains Giruno, construits par la société suisse Stadler Rail, compte 29 véhicules offrant 810 places assises et pouvant rouler jusqu’à 250 km/h. Confortables, ils sont adaptés aux personnes à mobilité réduite et possèdent toutes les caractéristiques technologiques modernes, ainsi que des prises de courant à chaque place, des compartiments polyvalents, des porte-bagages pour vélo, un système d’éclairage à ampoules LED économiques et des toilettes séparées pour les femmes et les hommes.

Après avoir traversé des paysages grandioses et les 57 kilomètres d’obscurité du Saint-Gothard, le convoi est arrivé dans la capitale tessinoise une petite heure plus tard. Là, sous une tente, pour protéger les convives d’un soleil de plomb, s’est tenue la cérémonie officielle. Le maire de Bellinzone, Mario Branda, a parlé d’un «jour historique», faisant valoir que, grâce au Giruno et aux changements qu’il apportera, l’identité des Suisses continuera à se transformer. Président du Conseil d’Etat tessinois, Christian Vitta a souligné que les manutentions du nouveau train à haute vitesse se feront ici même, dans les nouveaux ateliers industriels CFF prévus pour 2026, ce qui créera de l’emploi.

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L’avantage environnemental des chemins de fer doit être exploité, a indiqué quant à elle Roberta Cattaneo, directrice des CFF région sud. «Demain, les étudiants qui se déplaceront à Lausanne pour débattre du climat s’y rendront en train, en mode durable.» Egalement présents, Urban Camenzind et Mario Cavigelli, conseillers d’Etat respectivement d’Uri et des Grisons, n’ont pas manqué de manifester aussi leur enthousiasme.

Sans changement

Enfin, Andreas Meyer a parlé d’un «rêve qui devient réalité». «Le Giruno est un train suisse qui rapproche les pays européens et ceux qui y vivent.» Au Temps, et à travers lui à la Suisse romande, il a assuré qu’avec les retombées positives des lignes desservant l’axe nord-sud, le prochain objectif sera d’optimiser l’offre est-ouest. «C’est le pas suivant, a-t-il expliqué. Nous voulons mieux relier Genève, Lausanne, Fribourg, Berne, jusqu’à Saint-Gall.»

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Par rapport au tunnel de base du Ceneri dont l’achèvement est prévu pour fin 2020, le directeur général des CFF affirme que «la vie des Tessinois changera», que l’on assistera à une «révolution en matière de mobilité régionale». En effet, les temps de parcours seront divisés par deux entre Lugano et Bellinzone (15 minutes au lieu de 30) et entre Locarno et Lugano (30 au lieu de 60), et ce, désormais sans changement.

Enfin, les parrains se sont alignés devant la tête du train pour les photographes. Christian Vitta a sabré le prosecco pendant que Roberta Cattaneo, sous une pluie d’applaudissements, a dévoilé l’écusson fixé à la tête du Giruno, révélant son nom: San Gottardo.

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