C’est l’histoire de deux chats. Ils tournent tous deux autour de la même assiette de soupe, se regardant du coin de l’œil, sans se décider à l’avaler. Moritz Leuenberger avait la métaphore animalière, mardi, pour décrire le jeu auquel se livrent selon lui les Etats-Unis et la Chine, les deux plus grands pollueurs de la planète. «Il faut espérer que la soupe refroidisse d’ici à décembre, disait le conseiller fédéral, en référence à la réunion de Copenhague. Et qu’ils se résolvent à la goûter.»

Comme d’autres responsables européens, Moritz Leuenberger a jugé «décevant» le discours de Barack Obama. «Il n’y avait aucun chiffre concret. C’est mieux qu’avant (de la part des Etats-Unis), mais ce n’est pas encore suffisant», estimait-il.

Le principe du pollueur-payeur

Le conseiller fédéral chargé de l’Environnement a salué le fait qu’un certain nombre de pays semblent se montrer séduits par le principe du pollueur-payeur. Et notamment sur la proposition d’une taxe sur le CO2 dont il s’était fait le défenseur au nom de la Suisse, et dont le principe a été repris à son compte hier par le président français, Nicolas Sarkozy.

Selon le ministre suisse, le danger que courent les futures négociations de Copenhague est clair: que l’Union européenne (à laquelle se joint la Suisse) soit le seul bloc d’Etats à s’engager en faveur d’objectifs contraignants en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Mais ce danger, à l’en croire, est aussi, en un sens, un signe d’espérance. «Nous nous engagerons indépendamment des autres, quels que soient les résultats du sommet. C’est pourquoi Copenhague sera un succès.»