élections municipales

La multiplication des crèches

Manuel Tornare, 59 ans, socialiste, Cohésion sociale, jeunesse et sports

La multiplication des crèches

Il est le faiseur de crèches de Genève. Et c’est avec cette carte de visite que Manuel Tornare entend rebondir en sortant du Conseil administratif au terme de trois mandats. Avec son départ, le Parti socialiste de la Ville perd sa locomotive électorale. Très populaire, le conseiller administratif sortant a déjà amorcé sa reconversion. Brillamment élu au Grand Conseil en 2009, il brigue désormais un siège au Conseil national.

Il ne perd pas une occasion de rappeler que Genève est la ville de Suisse qui compte le plus de crèches. Depuis son entrée à l’exécutif en 1999, l’élu a mis l’accent sur la petite enfance. A son arrivée, seules 31% des demandes de placement en crèche étaient satisfaites; aujourd’hui, 67% des parents qui souhaitent obtenir une place y parviennent. En douze ans, l’élu a ainsi créé quelque 1200 places (entre 50 et 200 par an). Et il assure que d’ici à 2014, la totalité des demandes seront satisfaites en Ville. Cela reste à voir, car le magistrat a déjà repoussé plusieurs fois la date à laquelle le fameux objectif serait atteint.

L’édile n’est pas parvenu à mener à terme son projet de municipaliser les crèches en intégrant les éducateurs de la petite enfance (environ 1450 personnes) à la fonction publique municipale. Cette partie de son programme s’enlisera-t-elle définitivement après son départ? Le magistrat assure que non: «La municipalisation a été relancée, et elle est aussi soutenue par des élus PDC et radicaux. Je suis confiant. Elle devrait être votée et devenir effective en 2014.»

Reste que le coût de la réforme, estimé à 14 millions environ en début de processus, donne le vertige à la plupart des élus de la minorité de droite. De manière générale, ils reprochent à Manuel Tornare une politique de la petite enfance trop onéreuse: on pourrait faire aussi bien, notamment en limitant les normes d’encadrement, plaident-ils. Pas question lorsqu’il s’agit de nourrissons, estime l’élu, qui se dit moins catégorique lorsqu’il s’agit d’enfants de 3 ans.

Subsides aux aînés

A la prise en charge des tout-petits par le magistrat s’ajoute celle des aînés. Durant cette législature, Manuel Tornare s’est surtout illustré par sa lutte acharnée contre le canton qui le somme, en vertu d’une loi fédérale et d’une nouvelle répartition des subventions entre canton et communes, de renoncer aux 10,5 millions d’aides que la Ville verse aux rentiers AVS/AI les plus démunis. Manuel Tornare, qui a pourtant activement participé à clarifier la répartition des subsides municipaux et cantonaux, ne s’y résoudra pas. Il évoque notamment une prestation «devenue une coutume» en Ville. Car il est clair que l’élu refuse de quitter l’exécutif avec l’image de celui qui a supprimé leurs subsides aux aînés et aux invalides. Cette crainte de faire un faux pas qui entacherait son CV de magistrat à quelques mois du départ marque nettement la fin son mandat. Il semble presque compter les jours en retenant son souffle.

Pour le reste, cette troisième législature a surtout été celle de la gestion des acquis pour Manuel Tornare. Le magistrat, que ses collègues n’ont pas laissé reprendre le Département de la culture comme il le souhaitait, n’a guère multiplié les innovations en matière sociale, à l’exception d’un plan de réinsertion de la Ville pour les jeunes en rupture, financé par le fonds chômage.

En matière de Sport, un nouveau domaine ajouté à son dicastère, l’action du magistrat se révèle fort discrète en dehors de son implication dans la rénovation de la patinoire des Vernets. En revoyant les critères d’attribution des subventions, le magistrat a tout de même fâché quelques associations jusque-là amplement dotées, en dépit d’un nombre d’adhérents en chute libre.

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