états-unis

Mur frontalier de Trump: le Congrès rejette le financement d’urgence

Donald Trump essuie un camouflet au Congrès à propos du mur qu’il veut construire entre les Etats-Unis et le Mexique. La défaite est surtout symbolique: avec son veto, il assure qu’il parviendra à ses fins

La défaite est amère pour Donald Trump, sur le plan symbolique surtout. Le Congrès vient de rejeter le financement d'urgence pour son mur frontalier. Même le Sénat, pourtant en mains républicaines, lui a refusé ce principe, jeudi: dans les rangs de son parti, douze républicains ont fait acte de dissidence. Le président va riposter avec son premier veto. C'est d'ailleurs en grandes lettres, sur Twitter, qu'il l'a fait savoir: «VETO!». 

Lire aussi:  Donald Trump passe son mur en force

Avec une résolution adoptée par les deux Chambres, la procédure d'urgence actionnée par Donald Trump le 15 février dernier est donc désormais censée être annulée. Mais le président n'en reste pas là et compte bien, en refusant de signer la résolution, construire ce qui est désormais devenu une «barrière d'acier».

L'histoire du «mur» est une longue affaire. La construction d'un mur entre le Mexique et les Etats-Unis, dont près d'un tiers a déjà été érigé par ses prédécesseurs, fait partie d'une de ses principales promesses de campagne. Récemment, le refus des démocrates de voter en faveur d'une enveloppe budgétaire pour le mur et l'obstination de Donald Trump de ne pas céder ont provoqué le plus long shutdown de l'histoire des Etats-Unis.

Après de pénibles et longues tractations, le Congrès avait fini par s'entendre sur un montant de 1,4 milliards de dollars au lieu des 5,7 milliards espérés par Donald Trump. Le 15 février, le président a décidé d'éviter une nouvelle paralysie partielle du gouvernement fédéral pour cause d'absence de budget, mais en passant son mur en force. Pas question de se contenter du compromis proposé par le Congrès: il a brandi la procédure d'urgence et a décidé de contourner le Congrès pour obtenir le financement nécessaire. Une attitude immédiatement critiquée par les leaders démocrates du Congrès, qui ont évoqué un «grave abus du pouvoir de la présidence et une tentative désespérée de détourner l'attention du fait que le président n'a pas tenu sa promesse fondamentale que le Mexique payerait pour son mur».

Lire également:  Au pied du mur

Donald Trump vise en fait 6,5 milliards dollars de plus que ce que lui promettait le Congrès et espère détourner des fonds fédéraux destinés notamment au Pentagone et au Trésor. En début de semaine, il a articulé un nouveau chiffre, plus élevé. 

Le «National Emergencies Act» a été adopté en 1976. Jimmy Carter y avait recouru après la prise d'otages à l'ambassade américaine de Téhéran en 1979; George W. Bush, après les attentats du 11 septembre 2001; ou encore Barack Obama, en pleine épidémie de grippe H1N1. Donald Trump a invoqué une grave crise à la frontière sud des Etats-Unis, et dépeint régulièrement une situation apocalyptique, que les statistiques viennent pourtant contredire. «La frontière sud est un cauchemar humanitaire et pour la sécurité nationale, mais cela peut être facilement réglé!», tweetait-il encore jeudi matin. 

Quid de la suite? Pour outrepasser le veto présidentiel, une majorité de deux tiers des voix dans les deux Chambres serait nécessaire, un scénario peu réaliste. La suite de cet épineux dossier se déroulera probablement devant les tribunaux.

Publicité