Huit Turcs et un Américain d’origine turque ont été tués dans le raid israélien sur la flottille d’aide à Gaza, a annoncé jeudi l’agence Anatolie, citant les rapports des experts et médecins légistes. Les neuf victimes ont toutes été tuées par balle.

Les nationalités ont été révélées après des examens à l’Institut de médecine légale d’Istanbul, où les corps avaient été transférés d’Israël tôt dans la matinée. Les médecins légistes ont trouvé des impacts de balles sur les corps de toutes les victimes et ont également établi que l’une d’elles a été tuée par un tir à bout portant.

Ils ont précisé que les circonstances exactes des décès seraient mieux connues une fois réalisés des examens balistiques, qui devraient prendre environ un mois.

Jeudi, le président de l’organisation humanitaire turque à l’origine du convoi a assuré que des militants pro-palestiniens de la flottille se sont bien emparés des armes d’une dizaine de soldats israéliens, mais les ont jetées à la mer.

«Oui, nous avons pris leurs armes. Cela aurait été de la légitime défense y compris si nous en avions fait usage», a affirmé Bulent Yildirim, livrant sa version des faits à son arrivée à Istanbul, après trois jours de détention et d’interrogatoire en Israël.

Le président de la Fondation pour les droits et les libertés humaines et pour l’aide humanitaire (IHH) se trouvait à bord du Mavi Marmara.

«Nous avons dit à nos amis à bord:’Nous allons mourir, devenons des martyrs, mais ne soyons pas de ceux qui ont eu recours aux armes à feu», a ajouté M. Yildirim.

«Par cette décision, nos amis ont accepté la mort et nous avons jeté toutes les armes que nous leur avions prises à la mer», a-t-il poursuivi, ajoutant que les passagers avaient imploré les soldats de ne pas tirer.

Invoquant elles aussi la légitime défense, les autorités israéliennes affirment que les militaires ont été attaqués à coups de barres de fer et de couteaux, et que des occupants du navire ont ouvert le feu à l’aide de deux pistolets pris aux membres du commando.

Bulent Yildirim a raconté qu’un médecin indonésien avait été blessé par balle à l’abdomen alors qu’il portait assistance à un militaire israélien blessé. Toujours selon lui, un photographe a été touché au front par un tireur qui se trouvait à un mètre et un militant a été blessé alors qu’il se rendait.

Les soldats israéliens, a-t-il également précisé, ont d’abord fait usage de balles en caoutchouc avant de passer aux balles réelles lorsque des passagers les ont pris à partie à coup de bâtons et de chaises.