« Au terme d’une année extraordinairement difficile pour leur économie, les Anglais ont finalement obtenu que se déclenche une nouvelle opération de soutien monétaire. […] Pour commencer, le Fonds monétaire international accordera à la Grande-Bretagne un prêt de 3,9 milliards de dollars. […] Dans un deuxième temps, les pays occidentaux mettront au point, sous les auspices de la Banque des règlements internationaux à Bâle, un nouvel accord visant à la consolidation de l’ensemble des «balances sterling». […]

L’événement est d’importance. Derrière ce réseau compliqué d’accords monétaires, […] on découvre une réalité d’une cruelle simplicité: la Grande-Bretagne ne parvient pas à se dégager d’une énorme dette, qui pèse en permanence sur sa monnaie, et compromet la réussite de son entreprise de stabilisation intérieure avant même que celle-ci ait pu déployer ses premiers effets. […]

Trop d’intérêts sont en jeu après tant d’années de laisser-faire. Un «lâchage» de la Grande-Bretagne, outre le fait qu’il la précipiterait dans le désastre intérieur, aurait un effet déflationniste insupportable sur le monde entier, par la destruction de capital et la contraction des échanges commerciaux qu’il provoquerait. […]

Il faut donc accepter les risques d’une nouvelle fuite en avant. Les experts du FMI ont essayé de les limiter en subordonnant l’octroi de nouveaux crédits à une série de conditions préalables, qui reviennent à imposer par la politique économique la contraction du niveau de vie que devrait normalement entraîner un processus spontané de rééquilibre extérieur. »