Avant l'heure c'est pas l'heure, mais après l'heure on a l'air de quoi? C'est ce qu'on se demande sans doute sur toutes les chaînes françaises à quelques minutes de l'échéance fatale. La loi est stricte: pas de résultats avant la fermeture des derniers bureaux de vote. Alors, on temporise, on commente le taux d'abstention, on va voir ce qui se passe dans les villes qui ont été désignées comme clés de cette élection. Pendant ce temps, France 2 tourne une page publicitaire. A France 2, les montres avancent apparemment de trois minutes. Et, la page de pub à peine tournée, la première estimation pour les élections parisiennes est livrée… avant 20 h. Soirée électorale. Petites victoires pour tous. Pour les instituts de sondage dont les dirigeants jouent les experts politiques en minimisant la portée de leurs analyses (des approximations sur des estimations). Pour les décorateurs de studios: froid et bleuté sur France 2, bleuté et froid sur TF1. Pour les infographistes qui font voler les chiffres. Victoires aussi pour les politiciens, car la défaite n'existe pas. Le Pen fait une apparition, tonitruante: Claude Sérillon le remet en place quand il prétend ne pas avoir été invité sur le plateau de la 2. Quelques minutes plus tard, Patrick Poivre d'Arvor en fait de même à peine plus poliment sur TF1. Le Pen ne fait plus peur. A 20 h 30, c'est la seule certitude de cette soirée électorale.