WEB

Avec Yoodle.ch, deux entrepreneurs rêvent d'un Yahoo à la sauce edelweiss

Un nouveau répertoire de 12 000 sites helvétiques se lance sur le Net. Il fonctionne par catégories et par canton. Ses propriétaires espèrent déjà réussir à le revendre

Rien n'empêche désormais de chanter «yalalaouti» en surfant sur Internet, depuis que l'index Yoodle. ch fait ses gammes sur le Web. Chercher une école privée dans le canton de Vaud sur Internet, c'est désormais simplissime. Yoodle fonctionne en effet comme les pages jaunes de nos bons vieux bottins, ce qui le différencie des moteurs de recherche classiques. Au lieu de ratisser large sur toute la toile avec un ou des mots clés, il propose déjà des catégories thématiques par canton. Il répertorie en outre uniquement les sites helvétiques avec une couverture nationale. Yoodle est né officiellement, lundi, à Genève avec la création de la société Webgarden.

Mais l'histoire de l'annuaire a commencé il y a cinq ans déjà; lorsque Luc Girardin, alors étudiant à l'Université de Genève commence à répertorier des sites Internet suisses pour faciliter les recherches des internautes. A l'époque, l'Université héberge cet index, alors appelé Welcome-to-Switzerland. Puis, c'est son frère, Fabien Girardin actuellement étudiant à l'Ecole d'ingénieurs de Bienne, qui reprend le flambeau. «En m'occupant de ce site, j'ai appris énormément de choses qui m'ont été très utiles par la suite», souligne-t-il. Cela lui a notamment permis de passer quatre mois en Californie, dans le fief technologique de la Silicon Valley. «J'ai dû rentrer pour terminer mes études, explique Fabien Girardin. Mais je compte bien y retourner cette année encore.» En 1998, les deux frères vendent leur index, mais refusent d'en dévoiler le prix. «Je ne l'ai pas fait pour l'argent, mais pour l'expérience», assure Fabien Girardin. Ses projets: «Pas sur le Web en tant que tel, mais plutôt au niveau de l'élaboration de logiciels», se borne-t-il à dire pour l'instant. Il pourrait d'ailleurs collaborer avec son frère Luc, qui vient de créer sa propre société sur Internet: Macrofocus. com, et qui met justement au point et vend des logiciels aux banques ou aux grandes institutions. Ces programmes permettent «la visualisation des données» en synthétisant, par exemple, des statistiques.

Derrière l'annuaire Yoodle. ch lancé lundi, on trouve aujourd'hui Jean-Charles Cartier et Baudouin d'Aumeries, les anciens patrons de Petrel Communications, récemment racheté par le groupe britannique Cable & Wireless. «Nous sommes devenus en quelque sorte des «Net entrepreneurs», affirme Baudouin d'Aumeries. Nous sommes déjà passés par toutes ces étapes, nous pouvons faire profiter de notre expérience à ceux qui débutent. Nous aimons faire naître des start-up et nous les vendons après un ou deux ans, quand elles fonctionnent bien.» D'ailleurs «be on the Web» est l'une des autres sociétés qui fait partie de leurs activités d'aujourd'hui. Elle s'occupe de la création de sites Web et a participé à l'amélioration technologique de Yoodle. Pour les deux entrepreneurs, cet index est un nouveau pari, qui intéresse déjà plusieurs acheteurs. En tout cas, directories.ch, l'annuaire électronique de Swisscom ou Swissfirms.ch (les banques de données des chambres de commerce et de l'industrie) ont d'ores et déjà marqué leur intérêt pour Yoodle. «Nous avons été approchés, affirme Baudouin d'Aumeries. C'est surtout le contenu de notre index qui les intéresse.»

Aujourd'hui, Yoodle a beaucoup évolué, tant au niveau du nombre de sites répertoriés, qu'au niveau technologique. «Notre base de données est suffisamment souple pour pouvoir rajouter de nouvelles catégories très facilement», assure Jean-Pierre Vila, directeur de Webgarden. Pour arriver à répertorier 12 000 sites aujourd'hui, il a fallu faire un long travail de dépistage. «Les sites référencés sont toujours revus par une personne, souligne-t-il. Nous garantissons qu'il n'y a pratiquement pas de liens morts.» Les responsables de sites ont été contactés soit par e-mail. «Il existe plus de 200 000 sites suisses, dont la moitié sont inactifs. Sur le restant, la moitié seulement a une substance intéressante, affirme-t-il. Avec nos12 000 recensements, nous avons déjà une bonne couverture de ce qui existe en Suisse.» Le référencement et la consultation sont gratuits. Yoodle ne vit qu'avec les fruits des bandeaux publicitaires. Les perspectives d'avenir ne manquent pas non plus pour cet annuaire typiquement helvétique. Outre la poursuite du référencement, l'ajout d'un moteur de recherche ou la mise en place de services à valeur ajoutée, tenus encore secrets, sont dans les projets de Webgarden. Yoodle est toutefois déjà un des outils nécessaires pour se retrouver dans la jungle d'Internet. Le mois dernier, l'organisme qui délivre les noms de domaine en Suisse, Switch. ch a enregistré 18'169 nouveaux sites.

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