«La différence entre une bonne idée et une idée formidable est le timing. Or nous pensons que 2010 sera le bon timing». Phil McKinney, responsable technique de la division PC de HP, résumait la semaine passée à Las Vegas le sentiment des fabricants d’ordinateurs: tentons à nouveau notre chance avec les tablettes, le marché pourrait, cette fois, enfin décoller. Du 7 au 10 janvier, Las Vegas a à nouveau accueilli le Consumer Electronics Show, sommet mondial des technophiles. On y a surtout parlé de ces fameuses tablettes, appareils hybrides à mi-chemin entre les smartphones à écran tactiles et les ordinateurs portables. En vente depuis… 2002 déjà, ces tablettes représentent aujourd’hui moins de 1% des portables vendus. Personne ne s’y intéressait. Jusqu’à ce que la rumeur selon laquelle Apple en présentera une le 27 janvier naisse.

Très peu de détails…

Du coup, tout le monde se lance. A commencer par Microsoft, qui tente bien sûr d’y imposer son système Windows 7. La firme de Steve Ballmer a présenté son «Slate» (tiens, le même nom que le présumé appareil d’Apple), fabriqué par HP. L’appareil dispose d’un écran multitouches – il permet par exemple de zoomer en écartant deux doigts – d’une diagonale de 25 centimètres environ. «Environ», car le directeur de Microsoft, qui a réalisé une démonstration de l’application Kindle sur son «Slate», n’a donné strictement aucun détail sur l’appareil. Ni sa date de livraison, ni ses spécifications techniques, ni son prix. Rien.

Du coup, les grandes phrases de Steve Ballmer résonnent bien creux. Et l’on se dit que Microsoft veut juste faire la promo de Windows 7, sans trop se soucier de ce que développeront vraiment les fabricants de PC.

Car il s’agit non seulement de se préparer face à l’arrivée probable d’Apple sur ce marché, mais aussi tenter de contrer les velleités de Google. En effet, Motorola a présenté à Las Vegas le prototype d’une tablette de 17,5 cm de diagonale équipée d’Android, le système d’exploitation gratuit de Google. D’autres constructeurs pourraient adopter ce système, peu gourmand en ressources. Inutile de dire que Motorola n’a pas donné de détail sur sa machine.

Au fait, pourquoi débourser 500 à 1000 dollars pour une tablette? Vu le développement des écrans tactiles et l’apparition de processeurs plus rapides et moins dévoreurs d’énergie, les fabricants veulent croire que le public voudra ainsi regarder des films en déplacement ou surfer sur le Net en Wi-Fi ou via les réseaux de téléphonie mobile actuels ou futurs (4G ou LTE). De plus, le succès du Kindle d’Amazon – dont le modèle DX est désormais aussi en vente hors des Etats-Unis – donne des idées. Ainsi, HP affirme travailler avec les éditeurs de journaux et magazines pour faciliter leur lecture sur sa future tablette.

Outre HP et Motorola, des firmes moins connues (Pegatron, MSI, Entourage Systems) développent aussi des prototypes. Du côté des excentricités, Lenovo a présenté son modèle IdeaPad U1, composé de deux parties. Lorsque les deux sont assemblées, l’appareil ressemble à un ordinateur portable classique. Et l’on peut aussi détacher l’écran du reste de la machine pour se balader avec la tablette avec écran tactile, tournant sous Windows 7. Ce modèle est attendu pour mi-2010 aux alentours de 1000 dollars.

Les idées de Sony

De son côté, Sony a présenté le Dash: un petit appareil autonome, prévu pour avril pour environ 200 dollars, à connecter en Wi-Fi pour télécharger un millier d’applications tels un accès à Facebook ou la météo. A surveiller.

D’ici là, on surveillera bien sûr ce que présentera fin janvier Apple. La firme de Steve Jobs vient de déposer un brevet pour un nouvel écran tactile fusionnant l’écran classique et la surface tactile.