Diffusion des idées

Le phénomène des TEDx enthousiasme la Suisse

Les conférences TEDx sont la déclinaison locale des fameux TED. Elles connaissent un succès phénoménal de par le monde: plus de 4000 événements à ce jour, en moins de trois ans. En Suisse aussi, où bientôt TEDxHelvetia et TEDxMartigny verront le jour en septembre

Elles se multiplient, poussent comme des champignons, partout dans le monde: les conférences TEDx. A ce jour, ce sont près de 4700 de ces rendez-vous qui ont essaimé, aux quatre coins des terres habitées, vraiment. Chaque grande université américaine a hébergé la sienne ou rêve de le faire. Mais le format fleurit bien au-delà des aulas académiques: partout où des individus désireux de répandre des idées qui en vaillent la peine se sentent l’énergie et les moyens de le faire. On a vu un TEDx se tenir dans un lycée tunisien, peu après les bouleversements qu’a connus le pays. Un audacieux a lancé un TEDx au pied de l’Everest. Un autre sur un hôtel flottant de l’Amazone. Il y a eu un TEDx à la NASA, au Pentagone…

Et puis, bien sûr, en Suisse. A ce jour, 24 événements: au CERN, au CHUV, à Lausanne, tout près du parc des Bastions à Genève, au WWF, au Rigi, au CICR… Nota bene, ce sont les Romands qui ont montré, jusqu’à ­présent, le plus d’enthousiasme. Preuve d’une plus grande internationalisation de ce coin de pays? Simple hypothèse…

Les TEDx sont nés dans le sillon de TED, l’organisation américaine qui a bâti sa réputation en organisant, depuis maintenant bien 25 ans, des conférences multidisciplinaires consacrées à toutes les idées qui valent d’être répandues. Navire amiral de la flotte: les fameuses conférences TED qui se déroulent trois fois l’an. Deux aux Etats-Unis et une dans le reste du monde. Les participants y assistent chaque fois à près de 80 présentations, habilement mises en scène, et résolument éclectiques. Toutes sont filmées. La plupart sont ensuite disponibles sur le site de TED, en accès libre. Voilà pour la forme canonique. Les conférences dans la vie réelle sont systématiquement sold out. Les présentations disponibles sur le Net recueillent pour certaines des millions de téléchargements (lire LT du 22.08.2012).

Depuis trois ans cependant, TED essaime dans le monde via un nouveau format: TEDx, où le petit x signifie que les conférences sont organisées et tenues de manière indépendante par des organisateurs et des communautés locales. Impacter localement une marque résolument globale: voilà l’habileté suprême de la déclinaison TEDx.

Laquelle a très vite connu un engouement phénoménal. Pour les mois qui viennent, ce sont ainsi quelque 1300 événements qui sont annoncés de par le monde, parmi lesquels trois TEDx en Suisse: TEDxHelvetia chapeauté par l’EPF de Lausanne, ses alumni et la Fondation Lombard Odier (Le Temps est également sponsor de l’événement), TEDx Martigny et TEDx Zurich.

Johann Roduit, 30 ans, doctorant en droit et éthique médicale à l’Université de Zurich et coorganisateur de TEDx Martigny: «Dès que l’on s’approche des conférenciers potentiels pour les convaincre de venir, ils sont enthousiastes. Beaucoup connaissent le concept. Beaucoup apprécient aussi la marque qui est un signe d’excellence.» Pour le TEDx Martigny, Johann Roduit et son équipe ont convaincu Raphaël Domjan (de l’équipe du catamaran solaire PlanetSolar), Bineta Diop (l’une des 100 femmes les plus influentes de la planète), Géraldine Fasnacht, Omar Porras et une belle brochette de chercheurs et d’entrepreneurs sur un thème ambitieux: «Des idées au sommet».

TEDx attire, TEDx magnétise: même constat du côté de TEDxHelvetia: «Le succès de TED et l’efficacité de son format nous ont tout naturellement amenés à TEDx», constate Sanna Fowler, de l’EPFL. Enthousiasme identique du côté de la Fondation Lombard Odier, coorganisatrice. Christine Charlot-Valdieu: «TEDx c’est une manière de maximiser les idées, de s’ouvrir sur le monde, de participer à une discussion globale, de fédérer les esprits. Et d’œuvrer pour le futur. Tous objectifs que promeut la Fondation.» En route donc pour TED et sa galaxie!

Mais pour bénéficier de cette marque ombrelle, les organisateurs sont tenus de demander une licence d’utilisation: c’est le sésame sans lequel il n’y a pas de TEDx qui vaille. Elle est gratuite, mais invite les récipiendaires à respecter scrupuleusement toute une série de règles propres à assurer le succès de la manifestation. Bruno Giussani, directeur des projets internationaux de TED: «La licence n’est délivrée à aucun individu ou organisation qui soit extrémiste ou controversée. Un événement TEDx, ensuite, n’est pas le lieu où l’on s’embarque dans la promotion d’idées religieuses, politiques ou commerciales. TED est strict là-dessus.» Et ceux qui ne respecteraient pas les règles? Bruno Giussani: «Ils encourent le risque de se voir retirer la licence.» Voilà les futurs organisateurs avertis.

Pour le reste, TED livre à tous les licenciés un corpus de règles et de bonnes pratiques qui sont un modèle de ce qu’il faut savoir pour mettre sur pied des conférences qui laisseront un souvenir inoubliable. On peut sourire de cette attention au détail et à la forme. Mais à voir le résultat… et à le comparer avec ce que font les autres, on comprend aisément pourquoi TEDx suscite tant d’engouement. Johann Roduit: «TED ouvre tout grand à ses organisateurs sa base de connaissances, de bonnes pratiques et de modules éprouvés pour réussir son événement. C’est un vrai plaisir de suivre leurs conseils.»

C’est que l’organisation a eu le temps de réfléchir aux clés de la réussite d’une présentation couronnée de succès: elle a donc décidé de ne rien laisser au hasard et de faire en sorte de transformer chaque «talk» en une expérience à la fois intellectuelle et émotionnelle.

Une présentation ne devrait pas durer plus de 18 minutes. Elle vous prend par la main et vous amène tout naturellement à la suivante.

Ainsi, le TEDxHelvetia, qui est un grand TEDx, aligne une douzaine d’intervenants sous la bannière: «Imagining the future». Se succéderont dans les locaux du Rolex Learning Center de l’EPFL un spécialiste suédois des transports, une démographe et gérontologue britannique, un neurologue, le directeur général du CICR, une géopoliticienne, un philanthrope, un pianiste, des innovateurs: bref un mélange de cerveaux, de talents et de visionnaires comme TEDx adore les mélanger. Afin que les participants soient stimulés, provoqués, emportés par les idées qu’ils verront évoquées ce jour prochain sous leurs yeux.

La participation à un TEDx se fait sur invitation. Mais le TEDxHelvetia pourra être suivi le 13 septembre en streaming sur le site de l’EPFL . Et l’événement lémanique comme le valaisan seront filmés et les présentations diffusées via le canal YouTube.

Renseignements complémentaires sur www.tedxhelvetia.ch et sur www.letemps.ch

«TEDx est une manière de maximiser les idées et de participer à la discussion globale»

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