Assurance maladie

Après la défaite, une nouvelle initiative pour créer des caisses cantonales

Le refus de la caisse publique est net, malgré le soutien de quatre cantons romands. Pierre-Yves Maillard promet une nouvelle offensive pour créer des caisses cantonales

Après l’échec, une nouvelle initiative

Assurance maladie Le refus de la caisse publique est net, malgré le soutien romand

Pierre-Yves Maillard promet une nouvelle offensive pour créer des caisses cantonales

C’est non, comme prévu. Les Suisses ont refusé par 61,9% des voix l’initiative de la gauche «Pour une caisse publique d’assurance maladie». Comme souvent, l’initiative a perdu du terrain dans la dernière ligne droite de la campagne. Le dernier sondage gfs.bern donnait un rapport de force plus équilibré, avec 54% d’avis défavorables ou plutôt défavorables pour 38% d’avis positifs. La participation a atteint 46,5%.

Le résultat obtenu par la gauche et la Fédération romande des consommateurs, notamment, est meilleur que celui qu’avait obtenu la caisse unique en mars 2007. A l’époque, seuls Neuchâtel et le Jura avaient accepté l’initiative. Ils ont été rejoints par Genève et Vaud. Fribourg a dit non d’un cheveu – à peine 500 voix – sous l’impulsion de sa minorité germanophone: les deux districts alémaniques ont dit un non clair alors que les cinq districts francophones ont accepté le texte. Le Valais a dit non, mais le oui a progressé de 5% par rapport à 2007. La proposition de l’époque intégrait un lien entre primes et salaire, ce qui avait eu un fort effet repoussoir.

La conseillère aux Etats Liliane Maury Pasquier (PS/GE) se félicite de ce résultat. «Sans vouloir minimiser l’importance des cantons de l’Arc jurassien, le oui confortable de Vaud et Genève donne un signal beaucoup plus fort qu’il y a sept ans. En Valais, je pense que la forte implantation du Groupe Mutuel a joué contre l’initiative. En Suisse alémanique, la proximité des assureurs avec leurs assurés a aussi joué un rôle.»

Une appréciation confirmée par un sondage publié cet été par le magazine alémanique K-Tipp. Groupe Mutuel et Assura – qui dominent en Suisse romande – étaient les caisses les moins bien notées, et de loin, avec un taux de satisfaction inférieur à 50%.

La progression de la caisse publique – près de 250 000 voix au total et près de 10% dans les cantons – et ses victoires attendues en Suisse romande placent la gauche dans une situation idéale pour continuer le combat. Et ce malgré les tentatives de plusieurs élus bourgeois de minimiser leur défaite en terre romande. «Avec la campagne intensive menée par Pierre-Yves Maillard, je m’attendais à un oui beaucoup plus net dans le canton de Vaud», indique la conseillère nationale Isabelle Moret (PLR/VD).

Le PS et ses alliés n’ont pas perdu de temps. Hier après-midi, Pierre-Yves Maillard indiquait au Temps qu’une initiative populaire serait très probablement lancée pour modifier la LAMal. Histoire de permettre aux cantons qui le souhaitent de créer des caisses cantonales uniques sur leur territoire (lire ci-contre).

Le ministre de la Santé genevois, Mauro Poggia, confirme que l’idée était dans l’air depuis plusieurs mois. «Pour qu’elle se concrétise, il fallait que l’initiative soit refusée mais que plusieurs cantons disent oui. C’est le cas, on va donc se lancer. On pourrait commencer par des initiatives cantonales déposées devant le parlement fédéral. Si ça ne marche pas, il resterait l’initiative populaire. Dans ce cas, je souhaiterais qu’on dépolitise le sujet. Ça ne doit pas être une plateforme pour le Parti socialiste. J’espère une décision de principe avant la fin de cette année.»

Le magistrat MCG estime qu’il est temps d’«assouplir le fédéralisme pour prendre en compte les différences culturelles. Il n’est pas question ici de ne pas appliquer la LAMal, mais de moduler sa mise en œuvre.»

Isabelle Moret promet de combattre la future initiative avec énergie. «Bien sûr, chacun peut lancer les initiatives populaires qui lui chantent. Mais pendant que les obsédés de la caisse publique se battent sur le même thème, les coûts de la santé continuent à augmenter. Et les primes aussi. C’est là que se trouve le vrai débat, il serait utile que certains s’en rendent compte.»

La libérale-radicale estime que la loi sur la surveillance et l’affinage de la compensation des risques porteront leurs fruits d’ici à une éventuelle nouvelle votation populaire. Et que la raison l’emportera dans les cantons qui ont dit oui dimanche. «Le système actuel fonctionne, comme l’a reconnu une nette majorité de Suisses.»

Il est temps d’«assouplir le fédéralisme pour prendre en compte les différences culturelles»

«Il faut assouplir le fédéralisme pour prendre en comptes les différences culturelles»

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