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La voiture autonome, c’est pour demain

Google a commencé à faire circuler 25 voitures sans conducteur de seconde génération. Les rumeurs évoquant une entrée d’Apple sur ce marché se précisent. En Europe, Volvo veut vendre des voitures autonomes dès 2017

La voiture autonome, c’est pour demain

Innovation Google a commencé à faire circuler 25 voitures sans conducteur de deuxième génération

Tesla affirme être presque prêt à lancer des voitures qui se parquent seules

En Europe, Volvo veut vendre des voitures autonomes dès 2017

Dès 2017, avance Volvo. Certainement en 2020, affirme Google. La commercialisation des premières voitures sans conducteur n’est plus qu’une question de mois, à en croire les principaux acteurs de ce marché en devenir. D’ici là, il y a les fantasmes qui se précisent – tels les projets d’Apple qui commencent à fuiter. Et les avancées concrètes réalisées par Google, l’acteur qui agit aujourd’hui avec le plus de transparence.

Depuis quelques jours, la multinationale a ainsi commencé à faire circuler 25 voitures autonomes de deuxième génération. Après avoir fait rouler des Toyota Prius, puis des Lexus RX 450h, sur 1,6 million de kilomètres, Google a lancé sur les routes son premier prototype «maison». En forme d’œuf, sans nom mais surnommée «bubble car» aux Etats-Unis, la voiture possède deux sièges, mais pas de coffre. Les premiers modèles sont pourvus d’un volant (amovible) et de pédales, mais uniquement parce que les lois californiennes l’exigent. Les voitures, qui circulent autour du siège de Mountain View en plein trafic, sont électriques et leur vitesse est pour l’heure bridée à 25 miles par heure (40 kilomètres/heure), avec une autonomie de 128 kilomètres. Ces voitures sont non seulement équipées de plusieurs radars, mais aussi de capteurs pour mesurer la qualité de l’air ambiant.

■ Interactif: la voiture autonome de demain par Volvo

Google voit plus loin. Après les 25 modèles initiaux, 50 à 100 «bubble cars» seront produites ces prochains mois. Elles devront rouler dans des endroits moins bien cartographiés par la société, sous la pluie et sur des routes avec relief. Google, qui a débuté ses recherches sur la voiture autonome en 2010, ne s’est pas mué en constructeur: c’est le sous-traitant Roush, basé à Détroit (Michigan), qui assemble les voitures.

Tesla, premier fabricant de voitures électriques, ne semble pas en reste. Fin juillet, son directeur, Elon Musk, affirmait que sa société était «presque prête» pour lancer des voitures autonomes et capables de se parquer seules. Une mise à jour logicielle future pourrait permettre d’amener ses voitures dans cette direction. Tesla teste depuis des mois des véhicules autonomes dans la région de San Francisco. Le constructeur profite de mises à jour envoyées automatiquement aux véhicules pour les rendre petit à petit autonomes.

En janvier, Chris Urmson, directeur de la division Google Auto, affirmait que «créer des voitures est très difficile et les constructeurs automobiles le font assez bien. J’imagine que la solution passe par des partenariats.» Sauf que depuis janvier, Google n’en a annoncé aucun. Et en Allemagne, les constructeurs commencent à afficher leur stress. Après que le directeur de Volkswagen a lancé un appel pour collaborer avec Apple et Google, celui de Daimler affirmait il y a une semaine que «beaucoup de choses étaient possibles» avec ces sociétés technologiques.

Apple et Google pourraient-ils se muer en constructeurs? «Ils pourraient concevoir tant les logiciels que les voitures, estime Thilo Koslowski, spécialiste automobile de la société de recherche Gartner. Depuis longtemps, Apple développe avec succès des téléphones, tablettes et ordinateurs. Et les logiciels sont à la base de ces deux sociétés, qui ont créé des vrais écosystèmes avec le matériel.» L’analyste se montre alarmiste pour les constructeurs: «Il y a un risque qu’ils deviennent de simples fabricants d’appareils s’ils ne s’intéressent pas aux logiciels et aux services. Il n’est pas trop tard pour qu’ils se lancent, mais ils doivent faire ces investissements maintenant.» Trois experts de la société de recherche IHS Automotive, contactés par Le Temps, sont plus rassurants: «Dans la Silicon Valley, tous les grands constructeurs possèdent un centre de recherche, et Daimler a été un pionnier.»

Pour les experts d’IHS Automotive, deux phénomènes se croisent. Il y a d’abord les voitures ­connectées. Après deux ans d’annonce, Apple et Google équipent depuis quelques semaines des véhicules de plusieurs marques avec leurs systèmes. Le principe: le conducteur branche son smartphone dans la voiture et peut avoir accès à ses SMS, ses cartes routières et sa musique sur le tableau de bord. D’ici à quelques mois, tous les nouveaux modèles de Toyota, Ford ou VW seront compatibles avec les systèmes de Google et Apple.

Autre phénomène, les voitures autonomes. Pour les analystes d’IHS, «Apple ne devrait pas construire des véhicules entiers. Mais en même temps, la société a toujours montré un fort intérêt pour gérer de près le matériel et choisir un nombre très limité de plateformes. Du coup, il serait possible qu’Apple travaille sur un seul modèle.»

Apple ne dit rien. Les dernières informations les plus crédibles datent de mi-août, lorsque le Guardian affirmait que son projet Titan avançait et que la société de Tim Cook souhaitait utiliser, pour des tests de véhicules, une ancienne base militaire. Appelée GoMomentum Station, la base située en Californie compte 800 hectares dont 32 kilomètres de route.

Selon Thilo Koslowski, «les premiers véhicules autonomes seront lancés dans les cinq prochaines années. Ces premiers modèles offriront d’abord des fonctions limitées et seront plus automatisés qu’autonomes.» De leur côté, les analystes d’IHS Automotive estiment qu’en 2025, les ventes annuelles de voitures sans conducteur s’élèveront à 253 000 unités.

Après Volkswagen, Daimler vient de lancer un appel à collaborer avec Google et Apple

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