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Un problème de CFF, ce n’est pas le Népal

Après le déraillement samedi à Daillens, les pendulaires sont patients. Leurs commentaires, pas fâchés, frappent par leur modération

Attention, avait averti dès dimanche soir le magazine Femina (@FeminaCh) sur son compte Twitter: «Attention à celles et ceux qui se rendront en #train demain au travail. Checkez vos horaires et bus de remplacement sur le site des #CFF!» C’est que de gros retards étaient à prévoir pour les pendulaires après le déraillement de samedi à Daillens (VD). Ils ont eu lieu, mais les choses se sont passées dans le calme, à en croire les réseaux sociaux.

Au final, constate ainsi le «guelu vaudois» Axel Besson (@Opsyde), qui commente un article de RTS Info, «aujourd’hui mon trajet Morges-Orbe aura duré 1h40 au lieu de 30 minutes; pendulaires, anticipez!» Alors qu’un internaute du Matin, lui, relativise: «Pauvres gens tellement heureux qu’ils qualifient de catastrophe un retard de 2 à 3 heures. Qu’ils aillent au Népal pour comprendre ce qu’est une catastrophe.»

Une catastrophe? Pas vraiment, non, ce trafic ferroviaire qui restera fortement perturbé cette semaine sur les lignes Lausanne-Yverdon et Lausanne-Vallorbe, impraticables. Si l’on en juge par le ton des commentaires qui escortent les articles du quotidien 24 heures , un élément frappe, leur modération. Même si «la journée n’est pas finie, faudra encore rentrer ce soir…», juge Christian Chaney, qui commente également a posteriori: «Quoi qu’en disent les râleurs, je tiens à souligner que tout est bien organisé et que les CFF se sont très bien décarcassés pour nous aider. J’ose pas imaginer les difficultés pour organiser tout ça… Chapeau! Un point positif dans cette «aventure»: les gens se parlent! Ça change des autres jours…»

Et puis, Joseph Boillat, lui, «pense que tous ceux qui travaillent à résoudre les problèmes liés à cet accident font de leur mieux et même plus encore. Facile de critiquer!» Quoi qu’il en soit, «l’examen de patience» (Geduldprobe) semble réussi au premier jour: c’est l’analyse de SRF Info.

Car on ne constate guère, cette fois, de «CFF-bashing», comme cela arrive très souvent lors de retards, de problèmes de connexion à Internet ou d’«accidents de personne». Et aux questions «Vos trajets matinaux ont été impactés par l’accident de train #Daillens #CFF? Si oui, comment? Quel retard? En allant où?» que le journaliste radio de RTS Marc Menichini a posées sur Twitter, peu de gens répondent. Et ceux qui le font usent de sobriété, comme la très compréhensive Amandine G., sans la moindre acrimonie, alors qu’elle a tout de même presque quadruplé son temps de parcours: «Morges-Neuchâtel: 2h30 au lieu de 40 minutes.»

Il a fallu donc aller vers le 12:45 de RTS Info pour entendre un usager, un seul, en gare d’Eclépens, dire: «C’est le boxon, c’est incroyable, invraisemblable. […] Les CFF coûtent plus cher, et la prestation est réduite», a-t-il dit. Mais en souriant tout de même.