La nouvelle est tombée mardi, après deux mois de rumeurs en tous genres. Alain Jeannet, actuel rédacteur en chef adjoint de L'Illustré, s'en ira le 1er décembre prendre la succession de Max Mabillard à la tête du mensuel économique Bilan. Selon le communiqué d'Edipresse (coéditeur du Temps), le futur rédacteur en chef a été choisi parmi une quinzaine de candidats.

Quant au poste de rédacteur en chef adjoint, il reste pour l'heure vacant, Jacques de Charrère ayant également démissionné par solidarité avec son supérieur, parti précipitamment en mai dernier (Le Temps des 28 et 29 mai).

Agé de 41 ans, licencié en sciences politiques, Alain Jeannet a à la fois l'expérience de la matière économique et de la direction d'une rédaction. Avant d'occuper son poste actuel, il fut notamment chef de la rubrique économique de L'Hebdo, responsable du lancement de plusieurs projets du groupe Ringier en Asie et rédacteur en chef adjoint du Nouveau Quotidien. Il compte aussi parmi les initiateurs du Forum de Glion.

Parmi les hypothèses circulant depuis l'annonce du départ de Max Mabillard, l'une avançait que le groupe de presse lausannois ferait appel à une personnalité issue du magazine économique français Capital, connu pour son approche grand public de la matière économique.

Une publication qu'Alain Jeannet se refuse à prendre comme modèle, même s'il croit à la vulgarisation de l'économie: «Vulgarisé n'est pas vulgaire. Il est possible de rendre la matière accessible sans pour autant renoncer à un niveau haut de gamme.» Prudent, le futur rédacteur en chef de Bilan ne commentera pas les lignes essentielles de son projet avant d'en avoir parlé avec la rédaction. Il insiste néanmoins sur le potentiel du magazine qui, après dix ans d'existence, prépare une nouvelle formule pour le printemps 2000: «Même sans toucher au fond, ne serait-ce qu'en rendant la forme un brin plus attrayante – notamment graphiquement –, nous pourrions déjà augmenter le tirage (20 000 exemplaires actuellement, n.d.l.r.). Quant au contenu, il y a des choses à faire, notamment dans l'information «utile», en matière de placements ou de carrière.»

Alain Jeannet se targue de connaître le marché: il avait travaillé à un projet de magazine économique romand pour le compte de Ringier: «Bilan a une position bien établie. Face à la concurrence romande, il a les avantages d'un mensuel, dont celui de pouvoir être prospectif, malgré ce que peut laisser penser son nom.»