Amnesty International s'inquiète des nouvelles tentatives du gouvernement cubain de restreindre les libertés d'expression et d'information sur l'île. L'organisation dénonce une nouvelle loi, entrée en vigueur le 10 janvier, qui limite l'accès d'Internet aux organismes bénéficiant d'un abonnement téléphonique spécial, payable en dollars américains. Or seules les entreprises agréées par le régime et les bureaux administratifs disposent de telles devises, excluant de fait les Cubains ordinaires d'accès au réseau mondial. Amnesty International craint notamment que les organes chargés de veiller au respect des droits humains ne soient handicapés dans leur travail, l'apport d'informations en provenance de Cuba devenant difficile. Amnesty rappelle que la majorité des médias appartiennent à l'Etat. Cependant, selon des sources gouvernementales cubaines, 40 000 Cubains auraient actuellement accès à Internet de façon non officielle. La nouvelle loi risque de les en empêcher à l'avenir.

Cuba n'est bien sûr pas le seul pays où l'accès au Net est restreint. «La situation demeure très difficile en Chine, rappelle Manon Schick, porte-parole de la section suisse. L'accès au Web y est filtré de façon drastique, de nombreux cybercafés doivent régulièrement fermer, et plusieurs personnes sont en détention à cause de leurs idées publiées sur Internet.» La Syrie, le Vietnam, la Guinée équatoriale et la Tunisie sont également montrés du doigt par Amnesty.