«Peut-on supposer que toutes les variations ont des causes identifiables?» se demande l’encyclopédie Universalis. «Depuis 1995, on s’efforce d’inclure dans les calculs, en plus du renforcement de l’effet de serre par le CO2 ajouté, les effets directs et indirects des aérosols anthropiques.» Cela pour définir l’ampleur du réchauffement climatique, et ses origines. Qu’il le veuille ou non, les activités de l’homme ont des conséquences sur l’équilibre des flux de la planète. C’est que nous rappelle l’adjectif «anthropique», donné par la racine grecque anthrôpikos, qui a fourni «misanthrope» ou «philanthrope».

Le terme déploie toute sa gravité sur les questions de rejets domestiques et industriels – sept milliards de tonnes de carbone par an, tout de même – thème qui nous a occupés cette année et reviendra en force avec la conférence de l’ONU sur le changement climatique de Copenhague, en décembre. Adaptation littérale d’une expression anglophone, «changement climatique» paraît d’ailleurs plus approprié que «réchauffement».

L’Universalis s’interroge encore: «Le changement climatique ne sera important que si le cycle de l’eau est perturbé. Que deviennent alors les ressources en eau et la biosphère?» La mesure des causes anthropiques des bouleversements en cours n’est pas près de s’achever. On est désormais loin du «principe anthropique», selon lequel l’univers aurait été créé dans le but que l’humain, béat, puisse l’observer.

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