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Les anti-israéliens du BDS échouent à exclure le chanteur juif de reggae Matisyahu du festival Rototom

Un chanteur de reggae juif américain avait été exclu du plus grand festival reggae européen, Rototom Sunsplash, sur les pressions du BDS, un groupe de pression pro-palestinien. Devant la clameur des médias, des réseaux et du monde politique, le festival fait marche arrière

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Le mouvement anti-israélien BDS giflé

Devant la clameur des médias et des réseaux, un grand festival espagnol de reggae réintègre le chanteur juif américain qu’il avait exclu

Ceux qui ne connaissaient ni l’existence du festival Rototom Sunsplash (le plus grand festival reggae d’Europe) ni le nom et encore moins la musique du chanteur Matisyahu, célébrissime artiste reggae américain, n’ignoreront plus ni l’un ni l’autre. Grâce ou à cause (selon son camp) du groupe de pression international BDS. Un acronyme pour «boycott, désinvestissement et sanctions» à l’encontre de l’Etat d’Israël. BDS mène depuis 2005 une guerre d’usure sans merci à l’endroit de tous ceux et celles qui, à ses yeux, soutiendraient la politique de l’Etat d’Israël en relation avec le conflit palestinien.

Doté de multiples antennes dans le monde, BDS s’est par exemple illustré cet été en relayant une campagne de pression pour que le Festival de Locarno renonce à sa collaboration avec l’Israël Film Fund. Sans succès.

BDS ne lâchant jamais prise, c’est donc aujourd’hui au chanteur de reggae Matisyahu qu’une de ses antennes espagnoles s’est attaquée. Dans un premier temps avec succès.

C’est que Matisyahu, de son vrai nom Matthew Paul Miller, est un citoyen juif américain.

Sur sa page Facebook, suivie par plus d’un million de likers, le jeune chanteur décrit la façon dont on s’y est pris pour l’exclure du festival: «Les organisateurs m’ont contacté parce qu’ils subissaient des pressions du mouvement BDS. Ils voulaient que j’écrive une lettre ou fasse une vidéo où je m’expliquerais sur ma position face au sionisme et au conflit israélo-palestinien afin de calmer les gens de BDS. Je défends la paix et la compassion pour tout le monde. Ma musique parle d’elle-même et je n’y insère pas de contenu politique […] Le Festival a continué d’insister pour que je clarifie mes vues personnelles; ce qui signifiait une claire pression pour que j’abonde dans le sens de l’agenda politique du BDS.»

Le festival a-t-il demandé aux autres artistes invités de clarifier, eux aussi, leur position personnelle?, argumente ensuite le chanteur. Pas à sa connaissance. Pourquoi donc exercer pareille coercition sur le seul chanteur juif américain invité?

Partagée près de 6000 fois, la déclaration du chanteur ne tarde pas à faire boule de neige, tandis que la page Facebook du BDS País Valencià pilonne inlassablement.

Ces menées n’ont pas échappé au quotidien espagnol El País, qui écrit (traduction du Courrier international ): «C’est le seul chanteur du Rototom, festival financé avec l’argent public, à qui une déclaration publique a été demandée, et cela uniquement parce qu’il est un juif pratiquant, puisqu’il n’a même pas de passeport israélien.»

Le quotidien poursuit: «Qu’il existe, dans l’Espagne du XXIe siècle, des particuliers et des organisations qui exigent des déclarations idéologiques pour pouvoir exercer une activité professionnelle nous ramène à des temps où il fallait démontrer la religion et la pureté du sang pour pouvoir rester dans la société.»

Manière de mettre en contexte ce que les agissements du mouvement BDS réveillent en chaque Espagnol qui connaît l’histoire de son pays. L’époque où les communautés juives de ce royaume étaient assassinées, spoliées, exclues de la vie publique, et finalement obligées de quitter l’Espagne. L’époque où l’on devait démontrer la pureté de son sang, la «limpieza de sangre», c’est-à-dire un sang dénué de toute ascendance juive ou maure…

Mercredi 19 août, devant la clameur suscitée contre les menées de BDS et leurs relents nauséabonds, l e Rototom Festival a fait machine arrière , a demandé pardon à l’artiste et l’a invité à nouveau à chanter. Un twittos commente: «L’art et la liberté ont gagné.»

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