Comment marier le local avec une information plus générale: nationale, internationale, économique, culturelle? En France, dans la presse écrite, le pli est pris: presse nationale et presse régionale se partagent les tâches. Aux uns les développements savants sur le conflit israélo-arabe ou la baisse des taux aux USA. Aux autres, le discours du maire et la dernière sortie des pompiers. Je caricature. Mais le problème est bien celui du double intérêt de l'homme de la rue pour le «micro» et le «macro». En ce sens, France 3 (on ne le dit pas assez, malgré le succès croissant de la formule à l'audimat) effectue la synthèse avec un certain bonheur: la tranche 19 h-19 h 30 pour l'actualité régionale – Rhône-Alpes, la Bourgogne, l'Ile-de-France… – tente de ne pas rester dans l'anecdotique. Jeudi soir, un développement succinct sur la violence à l'école, la rogne des riverains des aéroports parisiens, ou la descente de Paris-Saint-Germain en enfer. Puis la météo, puis la qualité de l'air, puis les courses. Une tranchette de pub. Et l'actu reprend: celle des «grands sujets»: le clonage, la violence de l'armée en Algérie, la guerre des clans, dans la droite, à l'approche des municipales. Le tour est fait, plus modeste que sur les grandes sœurs. Mais le respect du régional, du régional intelligent, anticipe ici sur une tendance que la presse, elle, n'a toujours pas suivie: la régionalisation.