Déguisé. Il a l'air déguisé, le Gérard Holtz du Journal de 13 heures sur la 2.

Avant, le chroniqueur sportif, chemise ouverte et cheveu au vent, sentait le plein air, la piste cendrée, les alizés. C'est tout juste s'il retirait ses Polaroïds et ôtait ses baskets pour débouler à l'écran.

Aujourd'hui, costume noir et chemise blanche, le même homme vous a un air d'emprunt. Voilà qui n'est pas sans reflet sur sa façon de présenter un journal. Par un effet étrange, le journaliste a chaussé de ces lunettes transparentes qu'on voit beaucoup aux hommes d'affaires. Il dit, d'un ton uniforme, ce qu'il a à vendre à son public. Et tout se passe comme s'il lisait un télégramme dans une langue qu'il ne connaît pas. Le tempo se veut rapide, le présentateur, qui veut faire sérieux, ne décille pas. Oh, ce n'est pas que Holtz ne soit pas sympa, gentil même. Mais les nouvelles passent, inodores et sans saveur. Le texte se veut exact, il est simplement sans relief, privé de personnalité. On risquera une explication: Holtz ne croit pas à ce qu'il dit. La fièvre aphteuse, la guerre qui se rallume aux confins de la Macédoine, la réouverture d'un procès, le paysan qui continue d'exploiter son domaine, en Bretagne, avec des chevaux – le tout enfilé comme des perles, sans cohérence et sans articulation –, à aucun moment ne perce la passion intérieure. Sauf pour les quelques informations consacrées au football: d'un seul coup, Holtz est rendu à Holtz. Qui s'est à ce point trompé de casting?