La rentrée sur la Télévision suisse romande (TSR) promet d'être à la fois jeune et orientée vers les régions, affirment en chœur les responsables de la chaîne. Confortée en effet par le succès de TSR2 une année après son lancement, la Télévision romande renforcera dès cet automne le rôle de son deuxième canal à vocation culturelle et sociale. Ce véritable «œuf de Colomb» a permis de redresser la barre. L'audience globale a ainsi gagné près de deux points depuis l'introduction de TSR 2, alors qu'en 1997 la chaîne enregistrait encore une perte de 0,5% de parts de marché (passant à 32,2%).

Rassurée, la TSR, mais pas plus aventureuse pour autant. En effet – et à l'exception de deux ou trois nouvelles émissions –, l'ensemble du programme de l'automne prend des allures de déjà-vu. Ainsi, au rayon des «nouveautés» sur TSR 2, la tranche dédiée aux enfants sera considérablement élargie. L'émission Bus & Compagnie comprendra désormais près de sept heures de programme quotidien (de 12 h 30 à 19 h 30). Une manière de contrer la concurrence des chaînes câblées pour enfants, mais qui ne suffira peut-être pas à la curiosité des jeunes téléspectateurs au vu des rediffusions anciennes qui sont proposées (La petite maison dans la prairie, Les Schtroumpfs ou encore Le retour de Dodo).

Dès le lundi 7 septembre, la chaîne programme une émission hebdomadaire entièrement consacrée au football, Fan de Foot. Elle sera présentée tour à tour par différents journalistes de la rubrique sportive. «Ce sera l'occasion de tirer un bilan des matchs qui se sont déroulés durant le week-end», résume Jacques Deschenaux, le responsable du département des Sports. C'est Michel Pont, ancien entraîneur de Lugano, qui officiera dans le rôle du consultant à la place d'Umberto Barberis lors des rencontres de l'équipe nationale.

Dans le domaine culturel par contre, une nouveauté intéressante: la série Les Grands Entretiens, qui se consacrera à la personnalité de Georges Steiner, philosophe et romancier. «Nous allons débattre durant treize émissions de toutes les questions qui préoccupent notre époque, et ceci à travers les étapes de la vie de Georges Steiner», confie Guillaume Chenevière, directeur de la TSR et également intervieweur pour l'occasion. Coproduite par la chaîne culturelle française Arte, l'émission, d'une durée d'une demi-heure environ, «est une expérience inédite et à la limite de ce qui est faisable en télévision», ajoute le directeur de la chaîne.

La TSR 1, quant à elle, mettra l'accent sur le divertissement avec un magazine pour les 18-30 ans présenté en direct et en public tous les quinze jours. Imaginée et produite par l'incontournable Nathalie Nath, l'émission 100% 2000 se veut à l'écoute des désirs et des attentes de la «génération qui briguera le pouvoir en l'an 2000». Dans un tout nouveau décor en forme de bulle blanche, les présentateurs Olivier Delaloye, Phil Mundwiller, Iris Jimenez et Ushanga Elébé se parleront durant cinquante minutes (et sur fond de jingles) de l'actualité, des faits de société, de la cyberculture, de la presse ou du show-biz. Le tout accompagné d'un invité (illustre ou non) et d'une bande de jeunes réunis par une même passion.

Quant aux autres émissions proposées, elles prendront le relais, sous une forme légèrement modifiée, d'anciennes émissions connues par les téléspectateurs romands. Le magazine mensuel Au-delà des grilles, conçu par Dominique Warluzel et Raymond Vouillamoz, donnera dès le 30 septembre la parole à un détenu et à une personne directement ou indirectement liée au crime du délinquant. Une plongée sous forme de reality show, à la fois dans le monde carcéral et dans l'univers de la victime, faisant suite à Vérité, Vérités. Les Dicodeurs disparaissent, mais la majeure partie de l'équipe se retrouve dans Le théâtre de Monsieur Georges pour un divertissement plus «télévisuel».

D'autres émissions événementielles viendront ponctuer la rentrée, tel qu'un Spécial Jacques Brel, une soirée consacrée au clonage ou encore l'élection de Miss Suisse 1998.