Sur les réseaux

Avalanche de critiques contre le hors-piste

Huit personnes ont trouvé la mort ce week-end dans les montagnes suisses.

Insupportable, pour la Toile

«Risque élevé d’avalanches! Et malgré ça, tous les ans, des victimes d’avalanches, des écervelés qui pensent que rien ne peut leur arriver. Le pire est qu’ils mettent la vie des sauveteurs en danger!» rugit ce spectateur de la télévision alémanique. «Est-ce que skieur signifie écervelé? Je trouve inadmissible que de nos jours des skieurs pratiquent encore le hors-piste…» continue un lecteur du Matin.

On pouvait s’y attendre: la condamnation domine sur les réseaux sociaux, plus que la compassion ou le fatalisme, après les avalanches terribles de ce week-end, qui ont tué cinq randonneurs aux Grisons dans une coulée au Piz Vilan, un skieur et un snowboardeur dans l’Oberland bernois et un autre skieur dans le canton de Saint-Gall. Jeudi et vendredi, trois personnes sont déjà mortes dans les montagnes suisses. Ce risque que les victimes ont accepté, voire pris délibérément, est-il dû à une trop grande confiance dans le guide et le groupe, à un ego incontrôlable, au goût du danger? «Je pars souvent à ski et, croyez-moi, dans le Tyrol, on a tous envie de rentrer entiers le soir chez nous. Ça ne nous viendrait pas à l’idée de critiquer des randonneurs ou leur guide», lit-on sur le site de la SRF. «Sélection naturelle par la connerie humaine», juge un abonné de la page Facebook du Matin . «On finirait même par croire que la montagne est un parc d’attractions…»

La question à mille francs ressort une fois de plus: faut-il interdire le hors-piste? «Commencez par interdire les courses automobiles», suggère un internaute sur Watson.ch, un autre complétant: «Euh, rappelez-moi de quand date le 1er accident mortel de Formule 1: 1994, c’est bien cela?» Interdire… «Ne tombons pas dans l’interdit parce qu’il y a des morts, selon ce lecteur du Matin . C’est une évidence [sinon] on interdirait les produits ménagers, la voiture, l’électricité, etc.» Sauf évidemment qu’on ne peut pas vivre sans gaz ou sans vaccins. Mais le hors-piste… Et comment l’empêcher efficacement? Une piste avec la Tribune de Genève: il faudrait «interdire aux secouristes d’accéder aux zones où les avalanches peuvent descendre. L’inconscient sera nettement plus porté à réfléchir s’il sait que les pros ont l’interdiction de passer outre.»

Prévenir et punir? «OK, pas d’interdiction, mais des condamnations à la hauteur de la faute», demande ce lecteur du Matin . «La prévention, ça ne marche pas avec les délinquants et les criminels, il faut sanctionner financièrement et pénalement», répond une policière. «Sortez couverts!» lit-on encore. Un bon matériel, la solution?

Dans le Vercors, la semaine dernière, un lycéen parti avec sa classe est mort parce qu’il n’avait pas voulu porter d’appareil de recherche de victime d’avalanche: il redoutait la nocivité des ondes