Motorola a accouché d'un coquillage gracieux. Le plus fin du marché. Il signe ainsi la fin des regards coquins. Si une poche de pantalon se présente, il s'y faufile et se dissimule sans créer de monticule: 1,4 centimètre d'épaisseur pour un poids plume de 95 grammes.

Une enveloppe constituée d'aluminium anodisé, un clavier agrémenté d'un rétro-éclairage bleuté, des touches détourées par gravure, un écran aux 262 000 couleurs net sur 5,6 centimètres de long confèrent au Motorola V3 une élégance qui attirera les esthètes. Précieux pour le jet-setter international ou le voyageur profane, ce portable quadribande permet de rester joignable partout sur le globe. Même recroquevillé, le coquillage donne des signes de vie. Sur son dos, un petit écran indique la personne appelante ou la réception d'un message.

Si ce téléphone à clapet sait être vu, il sait aussi voir. Son œillet photographique épie tout sujet avec une qualité minimale. Mais suffisante pour partager un instant volé via un MMS. On regrette que la mise au point de l'objectif soit lente.

Un clic sur l'icône «multimédia» et le téléphone claironne. Il est capable de lire les fichiers audio MP3 et de les utiliser comme sonneries. Attention, la mémoire est vite saturée. Le V3 peut communiquer avec tout appareil doté de la technologie de transfert Bluetooth. Un bouton spécifique du Motorola expédie l'usager dans l'univers des messages. Quant à l'accro du SMS, il sera déçu. Car la saisie prédictive (grâce au dictionnaire) brille par sa lenteur. Les habitués des interfaces de portables signées Nokia ou Sony Ericsson nécessiteront un petit temps d'adaptation pour se retrouver dans les menus. Enfin, le coquillage se montre relativement gourmand. Après deux jours et demi d'utilisation modérée, il aura épuisé sa batterie. Dernier bémol: un prix qui confirme son image de bijou.

Motorola V3, 999 francs sans abonnement.

Chez le fabricant finlandais, la mode est au rétro-futurisme. Le téléphone Nokia 6260 allie design préhistorique et avantages technologiques. Ce coquillage fait néanmoins figure de vieux bigorneau. Silhouette massive marquée par un clavier aux larges touches carrées, ce modèle s'étale sur 10,2 centimètres par 4,9. Clapet déployé, le téléphone fait office de protection solaire pour le visage de l'usager. L'épaisseur de l'appareil frôle les 2,3 centimètres et son poids s'élève à 130 grammes.

Nokia, qui a longtemps négligé le marché des téléphones à clapet, vise la clientèle professionnelle. Comment l'atteindre en proposant un appareil à la navigation si peu fonctionnelle? L'interface de saisie se scinde en deux parties: un clavier numérique en bas et une tranche supérieure comprenant un écran et sept boutons. Dont une touche quadridirectionnelle inadaptée aux doigts trapus. Pourtant, ceux-ci ne manqueront pas de faire de la gymnastique pour envoyer un SMS!

Le Nokia 6260 garde néanmoins quelques arguments. Une radio FM ainsi qu'une large mémoire sont (40 Mo) intégrées. Outre les traditionnelles fonctions de messagerie (SMS, MMS, e-mail) et possibilités de connexion (Bluetooth, WAP, infrarouge), ce mobile permet l'affichage de documents Word et PowerPoint. Mais l'écran, qui compte de 65 536 couleurs, ne s'y prête guère. Pivotable, il facilite la prise de photographies, notamment d'autoportraits. De qualité similaire au Motorola V3, il offre une résolution de 640x480 pixels et un zoom numérique 4x. Contrairement à son concurrent, il peut enregistrer des séquences vidéo. Sa batterie semble également plus puissante: en mode veille, le téléphone reste allumé pendant environ 5 jours. Fonction d'avenir, le «Push-to-Talk» est inclus dans l'appareil, mais son utilisation n'est pas encore possible.

Nokia 6260, 599 francs sans abonnement.