L'acharnement thérapeutique de Nokia à maintenir en vie sa ligne «Communicator» fait pitié. A peine déballé du carton, le 9500 laisse perplexe. Sa prise en main est malaisée, et inutile de vouloir le glisser dans sa poche. Même redessiné par rapport à ses prédécesseurs, ce combiné téléphone-micro-ordinateur reste trop épais et désagréablement anguleux. A 230 grammes, c'est le genre d'objet qu'on glisse plutôt dans un attaché-case.

Mais en vaut-il la peine? Non. Les performances techniques ne sont pas en cause. Côté téléphonie, le tribande 9500 offre l'accès rapide à Internet via GPRS ou Wi-Fi. Le système d'exploitation Symbian 7 combinant les applications bureautiques classiques (texte, tableur, présentation de documents) reste convivial, quoiqu'un peu lent à force de s'alourdir. Les 80 mégabytes de mémoire interne (plus un logement pour une carte multimédia) sont confortables. L'écran est lumineux et agréable, mais peu pratique pour consulter des pages web. Le clavier répond efficacement et ne provoque pas trop de fautes de frappe malgré l'absence d'espace entre les touches. Enfin, l'autonomie est correcte et la batterie très rapidement rechargée.

Le problème, c'est qu'on ne voit pas à quoi sert ce coûteux concentré de technologie. Téléphoner? Le 9500 est trop encombrant. Photographier? Les modèles concurrents axés multimédia sont plus performants. En faire son bureau électronique portable, apparemment sa vocation première? Il y a mieux pour moins cher. Ceux qui se sont habitués à taper avec les pouces préféreront le Blackberry ou le Tréo. Et ceux qui préfèrent la frappe classique seront plus à l'aise avec une solution Palm ou Pocket PC avec clavier pliable, ce dernier pouvant se ranger à part quand on n'en a pas besoin.

On ne peut qu'être sévère face au formidable gâchis qu'a donné, dans ce segment, la vente par Psion de son système d'exploitation Symbian au consortium emmené par Nokia. Il y a quelques années, Psion fabriquait aussi des ordinateurs de poche, ô combien plus pratiques que le Communicator. Depuis qu'il a délaissé cette activité apparemment non rentable, aucun repreneur du système Symbian n'a su tirer parti de tout son potentiel. Quand les designers cesseront-ils de vouloir nous imposer des appareils à tout faire qui ne font rien de façon vraiment satisfaisante? Si Nokia pense qu'il existe une clientèle business pour un micro-ordinateur rapide, léger, pratique et totalement communiquant, qu'il fasse le saut et propose un modèle de taille décente!

Nokia Communicator 9500, 1199 francs sans abonnement.