Si certains banquiers ou experts du secteur critiquent Londres, il n’en demeure pas moins que la plupart des établissements suisses y ont installé d’importants bureaux.

C’est le cas de Mirabaud, qui ne voit pas la place financière lon­donienne comme une concurrente. Au contraire. Pour l’établissement genevois, son installation dans la capitale anglaise a même été l’occasion d’une diversification. ­Contrairement à la plupart de ses implantations, la banque s’occupe ici surtout d’intermédiation et de gestion d’actifs.

D’un salon lorgnant le parc de Buckingham Palace, Giles Morland, associé de Mirabaud, explique l’activité de la banque. Elle cherche certes à se développer dans la gestion de fortune, activité centrale du groupe, mais l’essentiel du personnel s’occupe d’intermédiation. La banque s’affiche comme «l’une des plus importantes boutiques» dans ce domaine. Elle organise des émissions obligataires pour des petites et moyennes entreprises ou des entrées en bourse, par exemple. Plus grand bureau de Mirabaud à l’exception de Genève, Londres compte 100 personnes dans l’intermédiation, contre 25 pour la gestion d’actifs et trois ou quatre pour la gestion de fortune.

De retour dans la City, à mi-hauteur d’une tour entièrement vitrée, Pictet est également bien implanté au cœur de l’activité financière. Dina De Angelo, directrice au sein de la gestion privée de Pictet à Londres, estime que la City est surtout importante pour capter une clientèle britannique non domiciliée, résidente, des Asiatiques qui viennent étudier ou tout simplement s’installer dans la région. La banque genevoise, qui gère au total 357 milliards de francs, ne dit pas quel montant provient de son bureau londonien. Mais celui-ci emploie 208 personnes et continue de recruter. Même si ce n’est pas forcément évident dans une place comme celle-ci où beaucoup de banquiers sont d’abord spécialisés dans le courtage et ne ­connaissent pas forcément les spécificités du métier de gérant de fortune, ajoute la banquière d’origine américaine.