Elle n’a certes pas l’aura de son père François, retiré pour écrire en Allemagne, mais Nicole Loeb est une cheffe d’entreprise qui compte à Berne. A 43 ans, elle a remis en selle un des emblèmes de la ville, les magasins Loeb, qu’elle dirige depuis 2005. Un challenge délicat, car l’entreprise créée en 1881 a connu des tourments, considérée comme vieillotte, doublée par les centres commerciaux des périphéries.

Nicole Loeb a recadré la stratégie, tablant sur la qualité du service et clamant qu’un grand magasin a sa place au centre-ville. A Berne, Loeb est voisin de la gare. Le redressement a été progressif, entravé par les transformations internes et externes. En 2008, le groupe Loeb – qui emploie 520 personnes pour 450 postes – perdait 3,5 millions de francs. En 2009, Loeb a augmenté son chiffre d’affaires de 5,4% à 109 millions et dégagé un boni de 3,5 millions.

Misant sur les sites de Berne, Bienne, Thoune, Soleure et Schönbühl, Nicole Loeb a fermé le magasin d’Avry-sur-Matran et se retirera de celui de la banlieue bernoise de Bethlehem. «La ville de Berne est un formidable espace commercial, avec ses arcades», dit-elle. Elevée à Zurich, ayant bourlingué en Allemagne et aux Etats-Unis, elle ne jure plus que par Berne, «pour sa qualité de vie, sa proximité de tout». Paradant peu en ville – «je suis surtout présente dans le magasin» – Nicole Loeb est active dans la section locale de l’Union du commerce et de l’industrie. «J’essaie d’y insuffler un environnement favorable aux affaires», confie-t-elle, persuadée qu’on en fait d’aussi bonnes à Berne qu’à Zurich. Elle incarne «une certaine modestie bernoise, où on préfère travailler dans l’ombre, sans pourtant manquer d’ambition».